Nous vous rappelons que la mission de l'association au Mali était constituée de Léa, Antoine, Julien, Florent et Anna, puis Clémence et Benoît sont arrivés fin décembre 2011, et Julien est parti par la route fin janvier 2012.
L'équipe des membres actifs de l'association est maintenant divisée en deux troupes: une qui remonte par la route avec Clémence, Benoît, Florent, Anna, et les français qui étaient avec nous au terrain le dernier mois Mumu, Béni et Béné, et une qui est déjà arrivée en France avec Julien, Léa et Antoine.
La première partie de cet article sera donc écrite par Anna, et la seconde par Léa, pour relater au mieux l'ensemble des nouvelles !
1 - La remontée par la route, et la prise de quelques contacts. (Anna)
Au Sud - Ouest du Sénégal.
Halte à Saly, au Sud de Dakar.
Expositions de graphs à Dakar.
Un singe sur le bord de la route.
Le premier groupe est rentré au Sénégal le 09 avril, a traversé le pays tranquillement en passant par Kédougou, Tambacounda, Kaolack, puis s'est posé à Dakar une
dizaine de jours. On a découvert la capitale, visité ou revisité l'île de Gorée, et rencontré une ONG, Village Pilote. On nous en a parlé un peu par hasard, et Florent est allé les rencontrer. C'est une ONG qui œuvre auprès des enfants des rues, nourrit et soigne les plus jeunes, forme les adolescents dans différents métiers d'avenir, accompagne les jeunes emprisonnés, rencontre les marabouts pour trouver des solutions de réinsertion pour les enfants de la rue, etc. Ce fut une rencontre très intéressante, et nous avons convenu que nous restions en contact, et qu'à l'avenir, si la route nous porte de nouveau au Sénégal et que nous avons un projet carré à leur proposer nous pourrions mener des actions en collaboration avec eux. En attendant vous pouvez vous rendre sur leur site www.villagepilote.org et découvrir par vous même !
L'île de Gorée.
Des enfants sur la plage à Saint Louis du Sénégal.
Les pélicans de la langue de Barbarie.
Après quelques jours à Saint Louis et sur la langue de Barbarie à observer les pélicans, nous sommes sortis du Sénégal et rentrés en Mauritanie à la fin du mois d'avril, en passant par le barrage de Diama. Sacré périple, les 70 kms qui séparent le barrage du goudron sont assez éprouvants ! D'abord 40 kms de piste avec une tôle ondulée si belle et nette qu'on en avait jamais vu de telle auparavant. Puis 30 kms de piste traversée par de gros bancs de sable bien profonds.... de nuit... on prend de l'élan, et on fonce, tant pis si ça tape !!! Bonnes montées d'adrénaline, mais on est passé sans encombre, ni pour les camions et les remorques, ni pour nous, ouf !
Pause à la fin de la piste du barrage de Diama....
En route pour
Nouakchott.
Arrivés à Nouakchott, on s'est posés à une auberge, bien contents d'avoir douches, toilettes, et même internet à disposition, grand luxe ! On en a profité quelques jours, décrassage de nos petites personnes, des camions, lessives, grand nettoyage de printemps ! Et ballade dans Nouakchott, passage au marché des khaïmas, grandes négociations avec les mamas, elles sont très dur en affaires !
Encore une fois le hasard fait bien les choses, on a rencontré à l'auberge un des chargé de mission du Cinéma Numérique Ambulant (CNA), un réseau international d'associations qui milite depuis des années pour un accès au cinéma dans plusieurs pays à travers le monde, dont le Mali et le Sénégal. Nous n'avons pas eu le temps de nous entretenir longtemps avec lui, mais il nous a donné quelques conseils, et laissé son contact au cas ou nous aurions quelques questions pour améliorer et rendre plus légal notre cinéma ambulant... demande auprès des réalisateurs, des instituts français en Afrique, etc. Encore un bon contact à garder ! Rendez vous sur leur site www.c-n-a.org.
Quelques jours plus tard, nous voilà arrivés à la frontière entre la Mauritanie et le Maroc, plus précisément le Sahara occidental, devant le no man's land de 4kms, où le but est de trouver la bonne piste qui te mène à l'autre frontière, sans t'ensabler, au milieu des cadavres de voitures, de machines à laver et autre engins incongrus ! Pas si compliqué que ça au final, passage étrange, en suspend entre deux pays.
Traversée du no man's land.
Arrivée à la frontière du Maroc, Sahara Occidental.
On a passé toute la matinée à traverser cette frontière, entre les formalités du côté mauritanien (police pour les tampons sur le passeport, douanes pour l'inspection des véhicule, et gendarmerie pour l'enregistrement des personnes qui passent), puis rebelote du côté marocain, les camions au scanner, multiples contrôles de nos papiers, de ceux des véhicules, et même de ceux des chiens !
Et c'est parti pour la remontée du Sahara occidental ! Encore presque mille kilomètres de désert à parcourir. C'est magnifique mais quand même un peu monotone au bout d'un moment. D'un côté le désert, et souvent de l'autre la mer...deux étendues plates et qui s'étendent jusqu'à l'horizon. Le vent souffle fort, rien, aucun arbre ni relief pour le couper dans sa lancée. Les camions galèrent, et consomment énormément, heureusement que l'essence n'est pas chère ici, c'est détaxé de la frontière jusqu'à Tarfaya, on ne paye environ que 50 centimes par litre.. ! La route est souvent étroite, 4 à 5 mètres de large, à moitié effritée sur les bords, tu t'agrippes au volant quand tu croises un poids lourd, ou surtout quand il te double et que le temps s'arrête pendant quelques secondes....mais ça passe !
Les cactus apparaissent peu à peu, puis les arbres, surtout des oliviers, le désert est fini. Et nous sommes le lendemain des élections en France, les policiers nous laissent passer aux check points avec un grand sourire, « Sarkozy bye bye !!! »... Tiznit, Agadir... c'est un autre Maroc qui commence, pas seulement au niveau de la végétation, il y a beaucoup plus d'habitations, de véhicules, de grands axes routiers, de contrôles policiers, etc.
Nous passons quelques jours à Agadir, plus précisément à Aourir, chez Hassan, le garage où nous nous étions arrêté lors de la descente. Nous y faisons un bon point sur la mécanique des camions, puis nous partons vers Essaouira pour faire la carrosserie. Chez Hassan c'est bien, c'est comme à la maison, mais il y a tellement d'autres garages au Maroc qui travaillent au moins aussi bien que lui !
Un ami nous avait donné un contact à Ounagha, chez Kamel, pas loin d'Essaouira. Nous y sommes depuis quelques jours, et attendons que Kamel finisse les travaux qu'il avait commencé avant notre arrivée. Normalement ce soir, 20 mai 2012 (jour de l'anniversaire de Benoit!), ils commencent le camion de Benoit et Clémence, au moins deux semaines de boulot. Puis d'ici un ou deux jours ils attaquent le notre, un gros mois de chantier, et oui.... Les copains, Mumu, Béné et Béni sont partid il ya deux jours en direction de la France, bonne route à eux!
Petite pub pour l'association sur leur camion avant le départ!
Notre installation, en attendant que le camion retrouve la forme!
2 – Retour en France, on se bouge pour l'association !!! (Léa)
De notre côté, nous sommes arrivés à Paris le 10 avril. Retour rapide, pas la chance de remonter progressivement par la route et de s’habituer doucement au climat et au changement de décors…Les familles sont soulagées que nous soyons de retour après les derniers jours passés au village, dans le stress et dans l’incertitude de ce qui allait se passer au Mali et pour nous.
Julien est aussi arrivé, en camion, après plusieurs semaines de route et un passage dans un garage marocain pour retaper la carrosserie de son camion.
Nous voilà donc en France où nous sommes heureux de retrouver nos familles et nos amis que nous n’avions pas vus depuis un an et demi pour la plupart. Il fait froid! C’est la première chose qui nous vient à l’esprit. Surtout quand on arrive en tongs et en T-shirts à l’aéroport… ! Nous sommes remontés avec nos deux chiens (Charly et Bao) qui ont passé le voyage dans les soutes de l’avion, pas de problèmes, eux aussi tremblent de froid.
Étrangement, nous pensions faire face à un « choc culturel » en rentrant chez nous après plusieurs mois passés dans la brousse et en fait, les habitudes que nous avions en France nous sont revenues très rapidement : repas à table, douche avec l’eau courante, machine à laver…et moultes autres technologies que nous avions un peu oubliées! Le luxe.
Nous avons très vite cherché un nouveau camion (nous nous sommes séparés du nôtre au Mali il y a déjà plusieurs mois) et par chance, quelques jours après notre arrivée nous avons fait l’acquisition d’un nouveau véhicule dans l’optique de notre prochain départ pour l’Afrique. Eh oui ! Nous rêvons déjà de reprendre la route pour l’Afrique !
Les amis et la famille que nous avons pu revoir continuent à nous encourager pour le projet et sont heureux, parfois même étonnés, de ce que nous avons réussi à mettre en place. En tout cas nous avons été suivis de près !
Les choses sérieuses maintenant…les économies étant un peu à plat il a vite fallu chercher du travail, ce qui nous replonge vraiment dans un système que nous avions mis de côté. Nous voilà donc sur internet, à décortiquer les annonces de boulot. Pas folichon quand même ! Mais encore une fois, nous avons vite trouvé dans des secteurs qui nous correspondent : Léa en animation, Antoine en assistant d’éducation et Julien sur un chantier. C’est reparti pour un tour, nous voilà dans la vie active. Bon, tout de même, là, quelques petites choses frappantes après plusieurs mois passés au Mali : me voilà face aux enfants français, souvent très et trop gâtés, qui ne veulent rien manger à la cantine…je me retiens, je reste patiente mais…pas facile quand on sait que les gamins de Bingassi aimeraient certainement goûter à toute cette nourriture…bref on ne va pas s’étaler ! A côté de ça ils sont très mignons et c’est sympa de continuer à faire de l’animation.
Pour ce qui est de l’association, nous avons repris diverses démarches afin de continuer à nous faire connaître et de trouver de nouvelles subventions. Car si l’on veut que le projet se développe, il faut des sous. Nous avons repris contact avec la mairie de Maromme et les élus tout d’abord en allant à l’ouverture de la Maison des associations de Maromme. Plusieurs associations s’y rendent chaque semaine pour mettre leur projet en place : photographies, association de femmes, de personnes handicapées, couture…Nous prenons donc des contacts dans l’idée de proposer une journée associative, par exemple une exposition de photographies de notre projet ou bien une action partenaire avec l’une des associations présentes à Maromme. Nous commençons donc à mettre de côté les plus belles photos que nous avons.
Nous avons aussi déposé un dossier de candidature à la CREA (Communauté de commune de Rouen-Elbeuf-Austreberthe) pour le projet Crea’ctifs. Ce projet propose aux jeunes de la communauté de commune une aide allant jusqu’à 5000 euros pour mettre en place ou développer un projet jeune (association ou création d’entreprise). Nous nous sommes donc plongés dans la présentation de notre association, nos actions réalisées au Mali et nos projets futurs. Il faut surtout mettre en avant ce que l’on envisage de faire dans les années à venir et pourquoi on a besoin d’argent. Et puis, l’impact que cela pourra avoir sur la région de Rouen-Elbeuf-Austreberte. Maintenant, on croise les doigts ! Pas si facile que ça d’obtenir des aides à l’heure où celles-ci sont de plus en plus réduites…De plus, au vu des événements qui ont eu lieu dernièrement au Mali, nous craignons que les administrations soient peu tentées de soutenir notre projet. Les gens prennent leurs précautions et privilégient les projets qui se déroulent en France.
Un autre dossier pour le Conseil Général de Haute- Normandie est aussi en cours, à déposer en juin.
Antoine a aussi participé à la foire à tout de Maromme le samedi 13 mai 2012 et en a profité pour faire un stand à titre associatif. Une table et un présentoir avec l’artisanat de l’association (colliers, karité, savon et boîte en cuir) ont donc été installés sur toute une journée. Par chance, le soleil était au rendez-vous ! Nous avions aussi imprimé des pages d’informations avec photos où nous expliquions en détail le projet. Ce fut l’occasion pour les curieux et les promeneurs de découvrir notre association. Antoine a pu répondre aux questions des gens et leur expliquer d’où venaient les produits mis en vente. Au final, plusieurs savons, crèmes de karité et boîtes en cuir ont été vendus au profit de l’association (100 euros).
Présentoir construit par jlien et Antoine, avec les produits vendus par l'association, bijoux, boîtes touaregs en cuir, beaurre de karité cosmétique.
C’est le premier stand associatif que nous posons depuis notre retour et nous envisageons d’en faire d’autres. Pour le moment, nous avons en vue le marché de Maromme auquel la mairie nous avait proposé de participer et aussi le festival du Skapotatoes. Ce festival, organisé par l’association Culture en Brousse, a lieu à St Martin le Gaillard (proche de Dieppe) et propose : concerts, animations, spectacle, village associatif, espace enfants…Nous les avons contactés et attendons maintenant le retour de leur assemblée générale fin mai pour savoir si nous pourrons installer notre stand lors de cet événement.
Une bonne nouvelle pour l’association. Nous sommes maintenant déductibles des impôts !!! Alors avis aux gens qui n’ont pas encore adhéré ou qui veulent ré-adhérer, c’est plus intéressant pour vous et pour nous!
Voilà où nous en sommes en France. Nous sommes plus que motivés à faire parler de l’association et souhaitons retourner à Bingassi le plus vite possible et pour cela, nous avons besoin de l’aide de chacun. Alors si vous avez des contacts ou des idées pour faire avancer le projet, n’hésitez-pas à les partager! De notre côté, nous continuons les recherches financières et matérielles.
Entre temps, que ce soit les uns ou les autres, nous avons contacté nos amis au village pour échanger des nouvelles, leur dire où nous en étions au niveau des projets de l'association, au niveau de la remontée pour ceux qui sont encore sur la route, et pour savoir comment va le village, et comment va le Mali. A ce sujet, les nouvelles ne sont toujours pas réjouissantes, les problèmes consécutifs au coup d'état s'éternisent, malheureusement... nous espérons que la situation va se stabiliser, pour le Mali, pour nos amis là bas, et pour les projets que nous comptons y mener dès que possible... nous suivons les nouvelles !
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