Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 17:13

 

 

           Nous vous rappelons que la mission de l'association au Mali était constituée de Léa, Antoine, Julien, Florent et Anna, puis Clémence et Benoît sont arrivés fin décembre 2011, et Julien est parti par la route fin janvier 2012.

          L'équipe des membres actifs de l'association est maintenant divisée en deux troupes: une qui remonte par la route avec Clémence, Benoît, Florent, Anna, et les français qui étaient avec nous au terrain le dernier mois Mumu, Béni et Béné, et une qui est déjà arrivée en France avec Julien, Léa et Antoine.

          La première partie de cet article sera donc écrite par Anna, et la seconde par Léa, pour relater au mieux l'ensemble des nouvelles !

 

 

 

1 - La remontée par la route, et la prise de quelques contacts. (Anna)

 

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                                                           Au Sud - Ouest du Sénégal.

 

 

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                                                                                                          Halte à Saly, au Sud de Dakar.

 

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   Expositions de graphs à Dakar.

 

 

 

 

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Un singe sur le bord de la route.

 

 

 

 

          Le premier groupe est rentré au Sénégal le 09 avril, a traversé le pays tranquillement en passant par Kédougou, Tambacounda, Kaolack, puis s'est posé à Dakar une

dizaine de jours. On a découvert la capitale, visité ou revisité l'île de Gorée, et rencontré une ONG, Village Pilote. On nous en a parlé un peu par hasard, et Florent est allé les rencontrer. C'est une ONG qui œuvre auprès des enfants des rues, nourrit et soigne les plus jeunes, forme les adolescents dans différents métiers d'avenir, accompagne les jeunes emprisonnés, rencontre les marabouts pour trouver des solutions de réinsertion pour les enfants de la rue, etc. Ce fut une rencontre très intéressante, et nous avons convenu que nous restions en contact, et qu'à l'avenir, si la route nous porte de nouveau au Sénégal et que nous avons un projet carré à leur proposer nous pourrions mener des actions en collaboration avec eux. En attendant vous pouvez vous rendre sur leur site www.villagepilote.org et découvrir par vous même !

 

 

 P1020058-copie-1                                                                                             L'île de Gorée.

 

 

 

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   Des enfants sur la plage à Saint Louis du Sénégal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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   Les pélicans de la langue de Barbarie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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           Après quelques jours à Saint Louis et sur la langue de Barbarie à observer les pélicans, nous sommes sortis du Sénégal et rentrés en Mauritanie à la fin du mois d'avril, en passant par le barrage de Diama. Sacré périple, les 70 kms qui séparent le barrage du goudron sont assez éprouvants ! D'abord 40 kms de piste avec une tôle ondulée si belle et nette qu'on en avait jamais vu de telle auparavant. Puis 30 kms de piste traversée par de gros bancs de sable bien profonds.... de nuit... on prend de l'élan, et on fonce, tant pis si ça tape !!! Bonnes montées d'adrénaline, mais on est passé sans encombre, ni pour les camions et les remorques, ni pour nous, ouf !

 

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                                                                   Pause à la fin de la piste du barrage de Diama....

 

 

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                           En route pour Nouakchott.

 

           Arrivés à Nouakchott, on s'est posés à une auberge, bien contents d'avoir douches, toilettes, et même internet à disposition, grand luxe ! On en a profité quelques jours, décrassage de nos petites personnes, des camions, lessives, grand nettoyage de printemps ! Et ballade dans Nouakchott, passage au marché des khaïmas, grandes négociations avec les mamas, elles sont très dur en affaires !

 

 

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           Encore une fois le hasard fait bien les choses, on a rencontré à l'auberge un des chargé de mission du Cinéma Numérique Ambulant (CNA), un réseau international d'associations qui milite depuis des années pour un accès au cinéma dans plusieurs pays à travers le monde, dont le Mali et le Sénégal. Nous n'avons pas eu le temps de nous entretenir longtemps avec lui, mais il nous a donné quelques conseils, et laissé son contact au cas ou nous aurions quelques questions pour améliorer et rendre plus légal notre cinéma ambulant... demande auprès des réalisateurs, des instituts français en Afrique, etc. Encore un bon contact à garder ! Rendez vous sur leur site www.c-n-a.org.

 

 

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           Quelques jours plus tard, nous voilà arrivés à la frontière entre la Mauritanie et le Maroc, plus précisément le Sahara occidental, devant le no man's land de 4kms, où le but est de trouver la bonne piste qui te mène à l'autre frontière, sans t'ensabler, au milieu des cadavres de voitures, de machines à laver et autre engins incongrus ! Pas si compliqué que ça au final, passage étrange, en suspend entre deux pays.

 

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                                                                                 Traversée du no man's land.

 

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                                                          Arrivée à la frontière du Maroc, Sahara Occidental.

 

           On a passé toute la matinée à traverser cette frontière, entre les formalités du côté mauritanien (police pour les tampons sur le passeport, douanes pour l'inspection des véhicule, et gendarmerie pour l'enregistrement des personnes qui passent), puis rebelote du côté marocain, les camions au scanner, multiples contrôles de nos papiers, de ceux des véhicules, et même de ceux des chiens !

 

           Et c'est parti pour la remontée du Sahara occidental ! Encore presque mille kilomètres de désert à parcourir. C'est magnifique mais quand même un peu monotone au bout d'un moment. D'un côté le désert, et souvent de l'autre la mer...deux étendues plates et qui s'étendent jusqu'à l'horizon. Le vent souffle fort, rien, aucun arbre ni relief pour le couper dans sa lancée. Les camions galèrent, et consomment énormément, heureusement que l'essence n'est pas chère ici, c'est détaxé de la frontière jusqu'à Tarfaya, on ne paye environ que 50 centimes par litre.. ! La route est souvent étroite, 4 à 5 mètres de large, à moitié effritée sur les bords, tu t'agrippes au volant quand tu croises un poids lourd, ou surtout quand il te double et que le temps s'arrête pendant quelques secondes....mais ça passe !

 

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          Les cactus apparaissent peu à peu, puis les arbres, surtout des oliviers, le désert est fini. Et nous sommes le lendemain des élections en France, les policiers nous laissent passer aux check points avec un grand sourire, « Sarkozy bye bye !!! »... Tiznit, Agadir... c'est un autre Maroc qui commence, pas seulement au niveau de la végétation, il y a beaucoup plus d'habitations, de véhicules, de grands axes routiers, de contrôles policiers, etc.

 

           Nous passons quelques jours à Agadir, plus précisément à Aourir, chez Hassan, le garage où nous nous étions arrêté lors de la descente. Nous y faisons un bon point sur la mécanique des camions, puis nous partons vers Essaouira pour faire la carrosserie. Chez Hassan c'est bien, c'est comme à la maison, mais il y a tellement d'autres garages au Maroc qui travaillent au moins aussi bien que lui !

 

 

 

           Un ami nous avait donné un contact à Ounagha, chez Kamel, pas loin d'Essaouira. Nous y sommes depuis quelques jours, et attendons que Kamel finisse les travaux qu'il avait commencé avant notre arrivée. Normalement ce soir, 20 mai 2012 (jour de l'anniversaire de Benoit!), ils commencent le camion de Benoit et Clémence, au moins deux semaines de boulot. Puis d'ici un ou deux jours ils attaquent le notre, un gros mois de chantier, et oui.... Les copains, Mumu, Béné et Béni sont partid il ya deux jours en direction de la France, bonne route à eux!

 

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                             Petite pub pour l'association sur leur camion avant le départ!

 

 

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   Notre installation, en attendant que le camion retrouve la forme!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 – Retour en France, on se bouge pour l'association !!! (Léa)

 

 

 

         De notre côté, nous sommes arrivés à Paris le 10 avril. Retour rapide, pas la chance de remonter progressivement par la route et de s’habituer doucement au climat et au changement de décors…Les familles sont soulagées que nous soyons de retour après les derniers jours passés au village, dans le stress et dans l’incertitude de ce qui allait se passer au Mali et pour nous.

Julien est aussi arrivé, en camion, après plusieurs semaines de route et un passage dans un garage marocain pour retaper la carrosserie de son camion.

          Nous voilà donc en France où nous sommes heureux de retrouver nos familles et nos amis que nous n’avions pas vus depuis un an et demi pour la plupart. Il fait froid! C’est la première chose qui nous vient à l’esprit. Surtout quand on arrive en tongs et en T-shirts à l’aéroport… ! Nous sommes remontés avec nos deux chiens (Charly et Bao) qui ont passé le voyage dans les soutes de l’avion, pas de problèmes, eux aussi tremblent de froid.

       Étrangement, nous pensions faire face à un « choc culturel » en rentrant chez nous après plusieurs mois passés dans la brousse et en fait, les habitudes que nous avions en France nous sont revenues très rapidement : repas à table, douche avec l’eau courante, machine à laver…et moultes autres technologies que nous avions un peu oubliées! Le luxe.


          Nous avons très vite cherché un nouveau camion (nous nous sommes séparés du nôtre au Mali il y a déjà plusieurs mois) et par chance, quelques jours après notre arrivée nous avons fait l’acquisition d’un nouveau véhicule dans l’optique de notre prochain départ pour l’Afrique. Eh oui ! Nous rêvons déjà de reprendre la route pour l’Afrique !

          Les amis et la famille que nous avons pu revoir continuent à nous encourager pour le projet et sont heureux, parfois même étonnés, de ce que nous avons réussi à mettre en place. En tout cas nous avons été suivis de près !

 

           Les choses sérieuses maintenant…les économies étant un peu à plat il a vite fallu chercher du travail, ce qui nous replonge vraiment dans un système que nous avions mis de côté. Nous voilà donc sur internet, à décortiquer les annonces de boulot. Pas folichon quand même ! Mais encore une fois, nous avons vite trouvé dans des secteurs qui nous correspondent : Léa en animation, Antoine en assistant d’éducation et Julien sur un chantier. C’est reparti pour un tour, nous voilà dans la vie active. Bon, tout de même, là, quelques petites choses frappantes après plusieurs mois passés au Mali : me voilà face aux enfants français, souvent très et trop gâtés, qui ne veulent rien manger à la cantine…je me retiens, je reste patiente mais…pas facile quand on sait que les gamins de Bingassi aimeraient certainement goûter à toute cette nourriture…bref on ne va pas s’étaler ! A côté de ça ils sont très mignons et c’est sympa de continuer à faire de l’animation.

 

          Pour ce qui est de l’association, nous avons repris diverses démarches afin de continuer à nous faire connaître et de trouver de nouvelles subventions. Car si l’on veut que le projet se développe, il faut des sous. Nous avons repris contact avec la mairie de Maromme et les élus tout d’abord en allant à l’ouverture de la Maison des associations de Maromme. Plusieurs associations s’y rendent chaque semaine pour mettre leur projet en place : photographies, association de femmes, de personnes handicapées, couture…Nous prenons donc des contacts dans l’idée de proposer une journée associative, par exemple une exposition de photographies de notre projet ou bien une action partenaire avec l’une des associations présentes à Maromme. Nous commençons donc à mettre de côté les plus belles photos que nous avons.

 

 

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        Nous avons aussi déposé un dossier de candidature à la CREA (Communauté de commune de Rouen-Elbeuf-Austreberthe) pour le projet Crea’ctifs. Ce projet propose aux jeunes de la communauté de commune une aide allant jusqu’à 5000 euros pour mettre en place ou développer un projet jeune (association ou création d’entreprise). Nous nous sommes donc plongés dans la présentation de notre association, nos actions réalisées au Mali et nos projets futurs. Il faut surtout mettre en avant ce que l’on envisage de faire dans les années à venir et pourquoi on a besoin d’argent. Et puis, l’impact que cela pourra avoir sur la région de Rouen-Elbeuf-Austreberte. Maintenant, on croise les doigts ! Pas si facile que ça d’obtenir des aides à l’heure où celles-ci sont de plus en plus réduites…De plus, au vu des événements qui ont eu lieu dernièrement au Mali, nous craignons que les administrations soient peu tentées de soutenir notre projet. Les gens prennent leurs précautions et privilégient les projets qui se déroulent en France.

       Un autre dossier pour le Conseil Général de Haute- Normandie est aussi en cours, à déposer en juin.

 

        Antoine a aussi participé à la foire à tout de Maromme le samedi 13 mai 2012 et en a profité pour faire un stand à titre associatif. Une table et un présentoir avec l’artisanat de l’association (colliers, karité, savon et boîte en cuir) ont donc été installés sur toute une journée. Par chance, le soleil était au rendez-vous ! Nous avions aussi imprimé des pages d’informations avec photos où nous expliquions en détail le projet. Ce fut l’occasion pour les curieux et les promeneurs de découvrir notre association. Antoine a pu répondre aux questions des gens et leur expliquer d’où venaient les produits mis en vente. Au final, plusieurs savons, crèmes de karité et boîtes en cuir ont été vendus au profit de l’association (100 euros).

 

 

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        Présentoir construit par jlien et Antoine, avec les produits vendus par l'association, bijoux, boîtes touaregs en cuir, beaurre de karité cosmétique.

 

 

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          C’est le premier stand associatif que nous posons depuis notre retour et nous envisageons d’en faire d’autres. Pour le moment, nous avons en vue le marché de Maromme auquel la mairie nous avait proposé de participer et aussi le festival du Skapotatoes. Ce festival, organisé par l’association Culture en Brousse, a lieu à St Martin le Gaillard (proche de Dieppe) et propose : concerts, animations, spectacle, village associatif, espace enfants…Nous les avons contactés et attendons maintenant le retour de leur assemblée générale fin mai pour savoir si nous pourrons installer notre stand lors de cet événement.

 

          Une bonne nouvelle pour l’association. Nous sommes maintenant déductibles des impôts !!! Alors avis aux gens qui n’ont pas encore adhéré ou qui veulent ré-adhérer, c’est plus intéressant pour vous et pour nous!

 

      Voilà où nous en sommes en France. Nous sommes plus que motivés à faire parler de l’association et souhaitons retourner à Bingassi le plus vite possible et pour cela, nous avons besoin de l’aide de chacun. Alors si vous avez des contacts ou des idées pour faire avancer le projet, n’hésitez-pas à les partager! De notre côté, nous continuons les recherches financières et matérielles.

 

 

 

 

 

           Entre temps, que ce soit les uns ou les autres, nous avons contacté nos amis au village pour échanger des nouvelles, leur dire où nous en étions au niveau des projets de l'association, au niveau de la remontée pour ceux qui sont encore sur la route, et pour savoir comment va le village, et comment va le Mali. A ce sujet, les nouvelles ne sont toujours pas réjouissantes, les problèmes consécutifs au coup d'état s'éternisent, malheureusement... nous espérons que la situation va se stabiliser, pour le Mali, pour nos amis là bas, et pour les projets que nous comptons y mener dès que possible... nous suivons les nouvelles !

 

 

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Par animtaroute.over-blog.com - Publié dans : retour en france
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Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 16:15

 

 

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          Voilà un nouvel article, racontant la suite des activités de l'association Anim Ta Route au pays malinké au  Mali, et expliquant la fin de sa première mission africaine, précipitée par les événements survenus au Mali ces dernières semaines.

 

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La vie de l'association :

  • 1 – Les animations avec les enfants se sont diversifiées peu à peu. Nous avons commencé à sortir du matériel un peu plus varié, fragile, et totalement nouveau pour eux.

 

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             Nous avons travaillé pendant trois semaines sur des magasines avec les quatrièmes et les sixièmes année, ils ont découvert les autocollants, les petits jeux de labyrinthes, les bandes dessinées, et ont fait de nouveaux coloriages. Une fois les jeux terminés, nous leur avons offert les magasines (les « livres » comme eux même les appellent, tout fiers!).

 

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             De plus, ayant remarqué que quelques crayons de couleurs avaient disparu au fil des activités, nous avons décidé d'accompagner ce don de trois crayons de couleurs chacun, et d'un stylo, en leur expliquant bien que nous comprenions leur tentation d'emmener des crayons à la maison, mais que ce n'était pas une bonne chose de voler, et que maintenant qu'ils étaient équipés si on en reprenait un à partir chez lui avec un de nos crayons dans la poche, ça allait mal se passer ! Ils ont très bien compris le message..!

 

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             Nous avons également tenté une initiation à la peinture à l'eau avec les quatrièmes et les sixièmes année, en ayant un peu peur qu'ils repartent avec leurs vêtements maculés de toutes les couleurs imaginables, mais ils ont été enchantés par cette nouvelle découverte, et se sont appliqués à faire de belles peintures, sans en mettre partout sur eux ou dans la khaïma. C'était une super expérience !


 

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  • 2 – La bibliothèque de Bamafélé a continué à ouvrir trois fois par semaine.  

             Nous avions bien insisté sur le fait que ce n'était pas l'école, qu'aucun élève n'était obligé de venir à la bibliothèque, que nous ne voulions pas de petits malins qui viennent pour faire du bruit, abîmer les livres et empêcher les autres de travailler. Ils nous ont bien entendu ! La première semaine les trois classes du collège étaient quasiment au complet. Puis au fil des semaines, ils sont venus de moins en moins nombreux, jusqu'à n'être plus qu'une poignée, toujours les mêmes. Ca nous a un peu déboussolé au début, mais au final ce n'était que les plus motivés qui venaient, avides de savoir, de connaissance, et nous avons pu nous consacrer entièrement à eux, c'était super !

           Ils ont pu explorer les encyclopédies, étudier avec les dictionnaires de français, d'anglais, nous poser des questions, des colles parfois même sur certains mots de vocabulaire très élaborés que nous même ne pouvions définir exactement.. ! Nous envisagions d'ouvrir pour les dernières séances au large public, pour faire une sensibilisation préparant à notre prochaine descente, mais ça n'a malheureusement pas été possible, nous n'en avons pas eu le temps.

 

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  • 3 – Nous avons mis à disposition la khaïma de l'association pour les quelques jeunes du village qui étudient au lycée 

             Nous les avons relancé à plusieurs reprises, surtout l'un d'entre eux, Djibril Ba, un jeune brillant, mais il n'a pu venir qu'une fois. Comme les autres jeunes de son âge, il va au lycée, et il travaille beaucoup ses cours d'école, et en plus il a le travail quotidien d'un villageois malinké qui lui retombe dessus systématiquement. Il n'a tout simplement pas le droit de s'offrir le luxe de venir étudier avec nos livres. Nous avons été obligé d'aller voir son père, un vieux peul intelligent, mais très dur et strict, pour que Djibril puisse venir quelques heures explorer les dictionnaires et encyclopédies, regarder les quelques ouvrages de littérature et d'histoire africaine que nous avons. Nous lui avons offert un roman, un classique, L'île aux trésor de R.L. Stevenson que nous avions en plusieurs exemplaires à la bibliothèque, il était ravi !

 

 

Vie quotidienne :

  • 1 – Le travail sur le terrain a continué.

 

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              Nous avons entretenu les zones déjà nettoyées, et élargi les zones de nettoyage, en espérant qu'à notre retour ce travail aura porté ses fruits, et que nous aurons moins de travail malgré les pluies et la jungle de l'hivernage.

            

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             Suite au vol de l'hivernage dernier, après de nombreuses discussions avec les villageois, nous avons décidé de prendre un gardien pour le terrain. Nous avons proposé ce travail à M Bakari Sissoko, un de nos grand ami du village. Il cherchait justement du travail, et notre proposition lui a plu, on a donc convenu ensemble qu'il viendrait s'installer avec toute sa famille sur le terrain dès notre départ. Nous l'avons aidé avec quelques villageois à restaurer deux cases en banco à l'entrée du terrain. Nous avons solidifié et remis à niveau les murs en banco, puis fait les deux charpentes en bambous, et tressé la paille qui a été posée sur le toit.

 

 

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                                      Le travail du banco.

 

 

 

 

 

 

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                                                                   Fabrication de la charpente en bambous.

 

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P1010566     Le tressage de la paille.

 

 

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          Le montage du toît en paille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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                                              Kaoulé au travail..!

 

 

 

 

 

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              Avec chance, ces anciennes cases avaient une dalle en béton, sous dix à vingt centimètres de terre et de gravats, nous sommes donc allé la chercher. Et voilà, deux belles cases sur le terrain, pour accueillir Bakari, sa femme, et ses quatre enfants ! Il sont venus s'installer la veille de notre départ. Vers 21h nous avons vu des lumières à l'entrée du terrain, nous nous demandions ce qu'il se passait. Nous sommes allé voir, et c'était Bakari et sa famille qui venaient emménager dans leurs nouvelles maisons, de nuit pour que les autres villageois ne voient pas leurs affaires et ne sachent pas ce que Bakari possède... ! C'était agréable le lendemain matin de se réveiller avec eux, on avait l'impression d'être dans le village !

 

 

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  Djibi et Kémouro

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

             Tout le matériel de l'association a été installé dans la grande case de l'association sur le terrain, il n'y a plus rien dans les cases de Jean Louis, tout est bien rangé ! Nous avons donc convenu avec Bakari que tous les soirs il viendrait y dormir, car les cases où il s'est installé sont un peu loin, et pendant l'hivernage avec le bruit de la pluie, et toute la végétation qui étouffe la visibilité, on pourrait se faire voler malgré sa présence sur le terrain. Il était tout à fait d'accord avec ça, et nous a assuré que de toute façon c'est bien ce qu'il comptait faire !

             Il prend ce travail très à cœur, au point qu'il refuse d'aller cultiver pendant l'hivernage, nous affirmant que si lui va travailler au champ, il ne peut pas être sûr du sérieux du reste de sa famille pour surveiller le terrain. Il nous a donc demandé d'être payé un peu plus les quatre mois de l'hivernage, pour pouvoir envoyer un jeune qu'il payera, travailler dans ses champs. Nous avons également délimité certaines zones sur le terrain où il pourra cultiver. Nous lui avons laissé notre coq et deux poules ( on a dégusté les quatre autres pour l'anniversaire de Léa le 4 avril!). Et nous avons convenu que nous l'appellerions régulièrement, pour prendre des nouvelles et être sur que tout va bien pour lui.

             C'est vraiment une chance pour nous d'avoir Bakari à nos côtés, c'est quelqu'un en qui nous pouvons avoir totalement confiance, qui se sent lié au travail de l'association, et estime avec raison en être un des membres actifs !

 

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             Le terrain était magnifique ces derniers temps, des oiseaux partout, les légumes des potagers qui arrivent enfin, les mangues à profusion que nous distribuons aux amis qui viennent nous rendre visite, et aux enfants à la fin des séance d'animation. Nous en avons même fait de la confiture ! Délicieux... ! Nous en avons offert un pot à Bakari qui ne connaît pas la confiture, il nous l'a ramené vide, deux heures plus tard avec un grand sourire « c'était trrrrès très bon !! ».

 

 

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                                                          Les troupeaux des peuls de passage au village.

 

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  • 2 – Au tout début du mois de février, Florent a eu un accident avec notre camion.  

             Il conduisait trop vite sur la piste, le camion lui a échappé, et il l'a mis sur le flanc... bref toute une affaire, il était avec Antoine, Benoît, et Nico, un français de passage qu'on avait accueilli au terrain avec sa copine Céline. Personne n'a rien eu, seulement très peur, et quelques bleus, et on a réussi à remettre le camion sur ses quatre roues, grâce à l'intervention d'Abdouramane Ba, une connaissance, informaticien de la société du barrage ESCOM, qui a fait venir la grue de la société. Un grand merci pour son aide au passage.. ! Nous avons eu beaucoup de chance. Le camion avait pris un sacré coup, on l'a entièrement vidé, et remis entre les mains du carrossier de cette même société, un sénégalais renommé dans toute la région pour la qualité de son travail.

           Benoît et Florent sont partis à Bamako avec le camion de Benoît pour aller chercher un nouveau pare brise, et quelques pièces pour restaurer le camion. Et là, bam ! Arrivée en plein coup d'état ! Ils sont arrivés à Kati, l'entrée de Bamako, face aux chars, ils n'ont rien compris. Baba, un ami, leur a dit de vite venir se réfugier chez lui, dans un quartier excentré, Lafiabougou, où ils ont passé une semaine à attendre que ça se calme, à entendre les coups de feu, cloîtrés à six avec d'autres français dans une petite pièce sans trop pouvoir sortir... drôle d'expérience.. ! Entre temps, Caro et Oliv, deux français rencontrés à Kayes également, et qui avaient passé deux jours au terrain, devaient prendre l'avion, le lendemain soir du coup d'état. Ils se sont retrouvés coincés dans l'aéroport, presque pris en otage, avec les militaires qui vidaient les bars de l'aéroport, tiraient en l'air et terrorisaient tout le monde. Florent et Baba ont traversé tout Bamako pour aller les chercher, morts de peur. Et ils ont tous fini chez Baba. Caro et Oliv ont pu prendre l'avion une bonne semaine plus tard, quand les choses s'étaient calmées, alors que Flo et Benoît étaient tout juste revenus au village, avec le pare brise et les pièces, chapeau bas ! Le carrossier a eu le temps de redresser la carrosserie avant notre départ, mais pas de finir le mastique ni de faire la peinture, malheureusement. Nous finirons donc ce travail au Maroc.

 

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Les passages au terrain :

  • 1 – Jean-Louis Thomas, Président de l'association « Un village-une école » (http://écoledebrousseaumali.fr) est venu nous rendre une visite surprise à la fin du mois de février !  

             Jean est un grand ami du village, il y vient depuis vingt cinq ans maintenant, et c'est le père et beau père de trois de mes amis, c'est grâce à lui que notre route s'est arrêtée au village de Bingassi, et nous ne le remercierons jamais assez ! Bref, un jour un des jeunes du village est arrivé au terrain en nous disant avec un grand sourire « Jean-Louis est là ! Jean-Louis est là ! ». J'ai d'abord cru à une blague, mais non, c'était vrai! Jean-Louis était là, devant moi ! Je ne l'avais pas vu depuis des années, et les autres membres de l'association ne l'avait jamais rencontré. Il a pu rencontrer Clémence, Benoît et Florent, mais Antoine et Léa étaient à Bamako avec les parents d'Antoine.

             Il est resté une petite semaine au village, et nous avons eu de longues heures devant nous pour discuter de son association, de nos différentes actions au village, de possibles projets communs, éclaircir quelques malentendus et tout simplement passer du bon temps à discuter de l'Afrique, des uns et des autres.

 

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                                                        Kani, Présidente de l'association des femmes du village.

 

 

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             Après avoir grandement aidé à la construction de l'école du village, il a maintenant monté un projet de jardin d'enfants pour le village, et recherche des fonds en France avec l'appui de collégiens bretons qui ont monté le Club « Ensembles pour le Mali ». Jean -Louis était donc venu présenter ce projet aux villageois, et en confier la responsabilité à Kani, une de nos amie commune du village, et Présidente de l'association des femmes du village. Nous avons assisté à la réunion lors de laquelle il a présenté son projet, et l'a confié à Kani, en la déclarant officiellement intermédiaire entre lui et le village pour le bon déroulement du projet, et en lui remettant de l'argent pour construire le bâtiment. Nous avons pu aller acheter les sacs de ciments et les acheminer jusqu'au village juste avant notre départ

 

  • 2 – Peu de temps après le départ de Jean-Louis, Antoine et Léa sont venus au village, avec les parents d'Antoine.

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             Ils y ont passé cinq jours, durant lesquels se sont enchaînés les salutations, rencontres avec les villageois, et les promenades dans la brousse aux alentours. Une petite fête a été organisée un après midi au terrain pour leur souhaiter la bienvenue. Ils ont ainsi pu rencontrer nos amis du village, et découvrir l'endroit où nous vivons et ce que nous faisons avec l'association. Ils ont assisté aux animations avec les petits, et sont venus à la bibliothèque, et ils ont d'ailleurs profité de leur venue pour ramener du matériel, cahiers, stylos, jeux,etc. Un grand merci à eux, c'était une chouette expérience de pouvoir les accueillir parmi nous, et nous avons passé de très bons moments !

 

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  • 3 – Courant mars, nous sommes allés avec Flo à Kayes, en taxi brousse et en stop, pour renouveler nos laissés- passés du camion auprès des douanes. Nous y avons rencontré une petite troupe de français avec qui nous avons sympathisé. 

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             Ils prenaient la route de Manantali, du coup ils nous ont proposé de nous ramener avec leurs camions jusqu'au terrain. Ils avaient prévu d'y passer un ou deux jours, avant de filer vers Bamako, mais finalement, gros problème de crevaison (multiples!), puis coup d'état oblige, ils sont restés trois semaines, jusqu'au bout en fait. Ils ne pouvaient pas aller sur Bamako, et voulaient nous aider à boucler le projet, à ranger nos affaires et celles de l'association pour qu'on parte tous ensemble. Nous avons passé trois semaines super ensembles !

           Ils étaient très motivés par nos actions sur place, que ce soit avec les enfants ou pour le travail sur le terrain. Ils nous ont beaucoup aidé à nettoyer le terrain, à construire les cases de Bakari, ils ont entrepris un gros chantier pour faire des escaliers en pierre pour descendre au fleuve, ils nous ont aidé à replanter un palmier qui dépérissait depuis des mois voir des années couché au sol.

           Ils ont ramené plein de vêtements à donner aux villageois, ce qui a complété le stock que nous avions déjà avec ce que Clémence et Benoit avaient ramené, et on a pu organiser un don à tout le village en séparant tout en 32 tas, pour les 32 chefs de famille du village, avec l'aide de Kani, la Présidente de l'association des femmes du village.

 

 

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            Ils ont également fait don à l'association de peinture et de ballons.

 

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             Ils ont monté des ateliers cirque avec les enfants de quatrième et sixième année, sur les temps d'animation pendant deux semaines consécutives, avec grand succès !

           

 

 

 

 

 

 

 

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             Et pour clôturer leur passage au terrain, ils ont organisé un spectacle de jonglage enflammé au terrain, sous les yeux émerveillés des villageois !

 

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  • 4 - Leur passage nous a fait changer d'avis sur le fait que des personnes extérieures au projet viennent nous voir au village. 

             A la base nous avions décidé de limiter au maximum les allées et venues au terrain, pour ne pas choquer les villageois, ne pas les faire souffrir eux qui ne peuvent pas trop voyager, éviter un trop gros choc de culture. Nous avions même refusé la venue d'un ou deux ami(e)s.

           Mais nous nous sommes rendu compte que des gens motivés, même pour un passage d'un mois, peuvent faire beaucoup pour l'association. Et les villageois, même si ça les fait forcément réfléchir sur leur situation, semblent plutôt heureux de ce dynamisme et de ces différentes rencontres. Nous verrons donc sûrement lors de notre prochaine descente pour organiser des chantiers ponctuels où nous inviterons un nombre limité de personnes à nous rejoindre sur le terrain pour un projet prédéfini et précis. A suivre...

 

 

Décision de stopper nos activités un mois et demi plus tot et de quitter le Mali :

  • 1 – Le 22 mars Amadou Toumani Touré (ATT), Président de la république malienne, a été renversé par un coup d'état militaire, comme nous en avons déjà parlé plus haut. 

             Ce coup d'état a eu lieu selon Sanogo, chef de la junte militaire au pouvoir, à cause de la situation avec les touaregs dans le nord du pays, et l'immobilisme d'ATT. La communauté internationale a condamné ce coup de force, un peu plus d 'un mois avant les élections présidentielles, et a déclaré un embargo économique sur le Mali. La Communauté Économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a organisé la formation d'une armée commune prête à intervenir au Mali. Les différentes ambassades, dont celle de la France ont appelé leurs ressortissants à quitter le pays au plus vite, et ont décliné toute responsabilité en cas de refus de suivre ces conseils. Les parents, et les amis nous appelaient, inquiets. Et il ne nous restait plus qu'un mois et demi au village, puisque que nous devions quitter entre mi et fin mai. Les militaires sont venus deux fois au terrain, en tenue, dont une fois la veille du coup d'état, alors qu'ils n'étaient jamais venus auparavant

           Étant donné toutes ces circonstances nous avons donc décidé de quitter le village plus tôt, et de partir du Mali. Ça a été une décision très difficile à prendre. Nous voulions prendre le temps de dire au revoir à nos amis, organiser une fête au terrain pour les enfants, etc. Mais tant pis, il fallait partir.

 

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           On a prévenu nos amis proches, Bakari, Bengali l'ancien, Kani la présidente de l'association des femmes, et on a fait une assemblée de village avec tous les chefs de famille pour leur annoncer notre décision la larme à l’œil. On se relayait pour parler, la gorge nouée, c'était très difficile, surtout qu'on avait bien conscience qu'eux, du fond de leur brousse, n'avaient pas trop conscience des événements qui secouaient le reste du pays. Ils nous disaient « mais c'est Bamako, c'est pas ici, ici tout va bien ! », sans se rendre compte que ce qu'il se passait à Bamako pouvait avoir des répercussions jusqu'au fond de la brousse (hausse des prix des denrées alimentaires, passage d'hommes en armes de la CEDEAO) et que nous, en temps que toubabs, on représentait une cible pour beaucoup de maliens en colère, comme souvent quand l'unité d'une nation est en jeu, on se retourne contre les étrangers...

 

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             Bref ils ont accepté notre décision, ont tous salué le travail qu'on avait effectué avec eux et leur enfants, souhaitant notre retour dès que possible. On a profité de la réunion pour donner à l'équipe des jeunes footballeurs du village un jeu de maillots de football et un ballon que le HAC, club de foot-ball du Havre nous avait confié.


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            On a également donné des cadeaux à nos amis les plus proches au moment des au revoir, dans l'émotion...

 


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Bady et Sayo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


P1010675                                                                    L'ancien Bengali.

 

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           On a pris bien soin de clôturer la mission de l'association proprement, en rangeant tous les livres de la bibliothèque dans des malles entreposées dans la case du terrain, et en organisant la donation que nous avions prévu pour la fin d'année à tous les élèves de l'école primaire de Bingassi ( magazines, crayons, stylos, règles, équerres).

 

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           Le jour même du départ c'était affreux... on a mangé avec Bakari, sa femme Kani, et ses enfants. Sa femme pleurait.

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           L'ancien du village, Bengali, notre grand père à tous, est venu longtemps, nous regarder ranger nos affaires, en pleurs le pauvre, c'était tellement dur, il m'a retourné le cœur. On a vécu tellement de choses avec lui en un an ! Il fait parti de notre famille maintenant, et on avait l'impression de l'abandonner là, sans pouvoir rien faire pour le soulager... Les femmes du village passaient les unes après les autres, la larme à l'oeil, pour nous souhaiter bonne route, et de bonnes retrouvailles avec nos familles. Même les jeunes pleuraient. Kaoulé, un des fils de l'ancien, qui a une quinzaine d'année, on a passé tellement de temps ensemble, il venait se planquer chez nous pour faire la sieste, écouter la radio, jouer avec les chiens, il était en pleurs sur son vélo... pfffff !

 

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           On est partis dans la journée alors qu'on n'était même pas prêts, tellement c'était dur de tous pleurer comme ça, ça aurait été insupportable de rester plus longtemps, on est donc allez s'installer au bar à Manantali pour finir de ranger nos affaires, et passer la nuit, être partis du village... Antoine et Léa étaient partis dans l'après midi en 4x4 direction Bamako, pour prendre l'avion trois jours plus tard, en espérant que la situation à la capitale ne dégénère pas durant leur court passage là bas ! Tout s'est bien passé ! Ils sont maintenant en France, continuent le travail pour l'association, font des démarches pour nous faire connaître, trouver des subventions, trouver des adhérents ou remotiver ceux qui n'auraient pas encore renouvelé...et cherchent eux même du travail, parce que c'est pas le tout mais il faut refaire de l'argent pour repartir, et revenir en janvier 2013 au village, comme on l'a dit aux villageois, inch allah !!

  • 2 – Amande, une amie de Normandie, devait venir nous rejoindre pour un mois, du 1er mai au 1er juin, pour nous filer un coup de main avec l'association, et venir découvrir le Mali. 

             Mais à cause du bazar au Mali, et de notre décision de partir, elle a malheureusement du annuler sa venue, alors qu'elle avait déjà son billet d'avion. Mille fois désolés copine, vraiment, on avait tellement hâte de te voir parmi nous ! On espère que ce sera pour la prochaine descente, ce serait avec grand plaisir !!

 

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  • Cet article touche à sa fin, en espérant que vous serez de nouveau nombreux à le lire! N'hésitez pas à laisser un petit mot, une petite trace de votre passage! Et pensez à nous soutenir, nous avons besoin de vous pour que nos projets se développent! Alors rdv sur le site de l'association pour télécharger le bulletin d'adhésion!

    www.anim-ta-route.jimdo.com

    Et n'oubliez pas qu'Antoine et Léa sont de retour en France, si vous avez besoin de nous rencontrer, ou autre, vous pouvez les contacter par la boite mail de l'association : animtaroute@gmail.com

 

 

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Par animtaroute.over-blog.com - Publié dans : Mama Africa
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 17:01

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Le terrain de l'association à Bingassi.

 

 

                Nous avons enfin repris les activités avec les enfants au village de Bingassi au Mali, depuis le mois de novembre 2011!!! Nous accueillons comme l'année dernière une fois par semaine pendant deux heures consécutives, les classes de 2ème, 4ème, et 6ème année.

 

 

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            Un, deux, trois soleil avec les 4èmes années.

 

 

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                                                                                     Atelier lecture avec Léa.

 

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                                        Jeu de la statut avec les 4èmes années.

 

 

 

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                             Clémence et Léa préparent des colloriages avec des calculs pour les 6èmes années.

 

              Grace à notre installation sur le terrain, nous avons pu multiplier nos espaces de jeux et de travail. Il y a un petit terrain de football où l'on peut faire du foot bien sur, mais aussi de nombreux jeux extérieurs, tels que la balle aux prisonniers, l'horloge, éperviers sortez, etc. Cet espace est aussi laissé à disposition des jeunes du village, avec un ballon, sur demande, et en  autogestion. 

 


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      Jeu de l'horloge sur le terrain de football.

 

 

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                                                      Les enfants vont se désaltérer au fleuve entre les activités.

 

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                                                                                            Léa devant la khaïma.

 

 

                Nous avons également remonté la khaïma, la tente mauritanienne, où nous avons installé des nattes, et des petites tables basses sommaires. L'endroit est idéal pour les coloriages, les travaux écrits, les jeux de société, etc. Les enfants doivent se laver les mains avant de rentrer dans la tente, se déchausser, puis ils sont installés par groupe de trois ou quatre sur les tables, et nous nous répartissons entre eux pour les accompagner dans les activités. Le fait que nous connaissions maintenant beaucoup mieux les enfants, et grâce à l'installation de cet espace, nous pouvons sortir plus de jeux que l'année dernière, des jeux de mémoire, d'alphabétisation, ou encore des puzzles.

 

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               Une autre tente a été montée pour accueillir notre matériel sur le terrain. Mais la case du terrain est bientôt terminée (nous en reparlerons plus loin) et nous allons donc pouvoir nous en servir pour stocker du matériel à l'abri, et faire d'autres groupes de jeux de société, et de lecture avec les enfants.

 

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                                       La tente pour stocker le matériel.

 

 

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                Ceux qui ont pu lire l'article précédent savent les obstacles que nous avons du traverser récemment, lors de notre retour au village. Les villageois ont mis du temps, mais ont fini par se mobiliser pour que l'on retrouve l'envie de s'installer sur le terrain de l'association, et que toutes les conditions soient réunies pour que l'on s'y sente bien.

 

                Le terrain a été entièrement déblayé. Lors d'une matinée de travail entre nous ça a d'ailleurs failli dégénérer. On avait adopté la méthode du coin : le brûlis... sauf que le vent s'est  réveillé juste à ce moment là, allez savoir pourquoi, et un bon quart du terrain s'est retrouvé en feu en quelques instants... Léa a couru au village pour chercher de l'aide, les villageois sont  tous arrivés au pas de course. Ils ont très vite contrôlé la situation, et ont bien ri de nous! Ils étaient d'ailleurs ravis de cet incident puisque, s'étant engagé à nettoyer le terrain avec  nous, ce gros brûlis leur a considérablement avancé le travail...!

 

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                                      Feu de brousse, au bord de la piste entre Tambaga et Manantali.

 

 

                Au sujet des brûlis, c'est assez impressionnant tous ceux qui dévorent la brousse toutes les nuits depuis la fin de l'hivernage! Nous essayons de comprendre, en vain... bien sur une partie d'entre eux sont là pour protéger les villages des incendies. Les hommes lancent un brûlis contrôlé autour du village pour nettoyer les alentours, comme ça au cas où un feu de brousse se déclarerait en pleine nuit, il s'arrêterait avant le village. Mais toute la brousse brûle, alors qu'il n'y a pas de village partout! Les animaux n'auront vite plus rien à manger, à brouter, des écosystèmes entiers disparaissent, etc.. C'est impressionnant! Parfois le ciel devient rouge, orange dans la nuit, heureusement c'est bien souvent de l'autre côté du fleuve, et nous pouvons nous endormir tranquillement.

 

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                                             Léa continue la clôture le long du terrain.

 

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                Mis à part ce petit dérapage lors du nettoyage du terrain, le reste a bien avancé! La barrière est maintenant terminée autour du terrain, ce qui évite que les troupeaux de vaches en liberté, ou les moutons des Peuls viennent envahir le terrain lorsqu'ils vont boire au fleuve.

 

 

                  Les villageois doivent se faire au fait que ce terrain est de nouveau habité! Il ne l'a pas été pendant des années, donc beaucoup de villageois avaient l'habitude de venir y prendre du bois, des mangues, ou de le traverser tout simplement, malgré nos demandes de respecter notre installation sur place...! Mais maintenant ils savent que s'ils viennent sur ce terrain c'est pour venir nous voir, pour nous saluer, discuter avec nous pour les plus grands, ou jouer pour les autres.

 

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                                     On part chercher la paille à l'aéroport, les enfants nous aident spontanément.

 

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              La case du terrain est quasiment terminée aussi... enfin! Les choses vont tellement lentement ici, c'est déroutant...! Tout d'abord on avait gardé de la paille du terrain pour faire le toit de la case. Mais les villageois on fini par nous dire que la paille n'était pas bonne, pas assez épaisse. On a donc emprunté la charrette et les ânes de Kani, la présidente de l'association des femmes du village et notre amie, pour aller en couper à l'aéroport. Oui, pour ceux qui l'ignorent ou qui l'ont oublié, il y a un tout petit aéroport à Bingassi, qui date de l'époque de la construction du barrage, et qui sert encore deux ou trois fois l'année, pour des visites officielles dans la région, ou pour les avions chargés de crever les nuages et déclencher la pluie. Bref nous sommes allés chercher 150 bottes de pailles à l'aéroport!

 

 

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         Falaye a trouvé la solution pour squatter la charette malgré le chargement...!

 

 

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                 Ensuite il a fallu attendre le Monsieur qui nous livre les bambous. Ensuite il a fallu attendre tout simplement que les villageois se décident!

 

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                   Ils sont venus finalement une matinée pour faire la charpente en bambou. Ils étaient nombreux, et miraculeusement, il y avait surtout des hommes de Lamine le chef du village, mais aussi quelques uns de Bengali, comme un de ses fils Suma. Bengali est même venu en fin de matinée, une fois de plus nous avions réussi à imposer une trêve entre ces deux là, non sans peine, mais on a réussi! Ce sont l'ancien et le chef du village, qui se mènent une petite guerre de pouvoir au sein du village, et qui ont un peu de mal à cohabiter...Nous avons donc assisté les villageois comme on pouvait, et vers midi la charpente été terminée. Nous sommes restés bouche bée devant leur savoir faire...!

 

 

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            Première étape accomplie, la case a une charpente en bambous toute neuve!

 

 

                  Les villageois sont revenus le week end suivant, mais cette fois de 9h à 15 ou 16h. Une bonne journée de travail tous ensembles, pour tresser la paille, la monter sur le toit, la positionner et la superposer, et enfin obtenir un magnifique toit en paille!

 

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                                                                           Les hommes tressent la paille au sol.

 

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                                                             Même le nouvel instituteur (à droite) est venu aider!

 

 

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            Tout le monde s'y est mis, ici Julien travaille avec Lamine le chef du village.

 

 

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Les enfants boivent du jus de fruit...et les grands du thé!

 

 

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           Les enfants aussi travaillent, ils ramènent les bottes de paille peu à peu, pour faire les tressages.

 

 

 

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                   Et l'ancien combattant surveille les travaux!

 

 

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          Une fois la paille tressée, elle est rassemblée en gros rouleaux peu à peu.....

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     ....puis ces gros rouleaux de paille tressée sont hissés sur le toit (ça pèse très lourd!)...........

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     ....et déroulés petit à petit en couches superposées......!

 

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         Une petite pointe finale est tressée et installée à la cime du toît

 

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          Voila le résultat final à l'intérieur!

 

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                           Deuxième étape, la case a un magnifique toit en paille...!

 

 

                  Kani et deux autres femmes sont venues le midi pour nourrir les travailleurs, elles ont emmené du riz à la sauce arachide, tigadegue na! hum....! Seul un petit bout de toit manque, le toit de la case ronde est fait, mais pas celui du petit appentis sur le coté. Ca va être à nous de bidouiller pour couvrir cette remise! Julien a beaucoup travaillé pour les menuiseries.

 

 

                 On avait commandé quatre fenêtres et trois portes au menuisier du village de Bamafélé. Sauf qu'apparemment on ne s'est pas bien compris sur les mesures, et aucune n'était à la bonne taille, soit trop petites soit trop grandes... ça aurait été étonnant que tout se passe bien directement!! Bref Julien, menuisier de métier, a du retoucher toutes les menuiseries, nous les avons vernis, peint les volets à l'antirouille, et maintenant tout est prêt!

 

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              Julien.....

 

 

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        .....moi (Anna)........

 

                                                ........Antoine........

 

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.........Léa.........

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                                                                                                                         ......Flo.....

 

 

                   On a même peint la case, en jaune crème, avec de la peinture que l'ont avait récupéré sur un chantier voisin pour trois fois rien. Bref elle est au top! Les villageois semblent heureux, et fiers de notre travail à tous pour arriver à ce résultat! L'ancien Bengali qui ne perd jamais le nord, nous a même suggéré que s'il nous restait un peu de peinture on pourrait venir peindre les murs de sa concession...!

 

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         Antoine et Benoit à la peinture.

 

 

 

 

 

P1090099    Flo et Clémence.

 

 

                        En tous cas le gros des travaux est terminé, il nous reste à installer des étagères, et à y mettre des livres et du matériel! L'inauguration est pour très bientôt! Cette case servira donc de salle de jeux, et de salle d'étude avec quelques livres, dictionnaires et contes pour les enfants.

 

 

 

Réunions avec les villageois.


                Début décembre nous avons eu une réunion avec les femmes du village. A chaque réunion que nous organisons avec le village, auxquelles nous convions tout le monde, seuls les chefs de famille viennent, et bien souvent ils ne font pas passer les informations. Ce qui engendre plein de non dits, de malentendus, d'incompréhensions avec les femmes du villages. Beaucoup d'entre elles n'avaient pas vraiment saisi ce que nous faisions dans leur village, comment nous étions arrivés là, combien de temps nous allions rester, etc. Nous avons donc proposé de les rassembler avec l'association des femmes du village, présidée par notre amie Kani.

               Nous sommes allés les rencontrer avec Léa, entre femmes, Clémence n'étant pas encore arrivée. Nous avons précisé tout ce que nous pouvions pour éclaircir certains malentendus évidents que nous avions remarqué de temps à autre dans notre vie quotidienne avec elles. Nous avons reparlé du vol, du choc que ça nous avait fait, des décisions qui s'en étaient suivies, etc. Elles semblaient ravies de cet échange, elles nous ont donné les papiers de leur association, nous prouvant que dorénavant nous en faisions parti aussi, étant deux femmes habitant au village. Et nous avons convenu que nous pouvions compter les unes sur les autres, et qu'à l'occasion de certains évènements ou de certaines actions nous pourrons travailler ensemble.

 

 

                A la rentrée, le directeur de l'école qui était au village depuis treize ans a été muté à Bamako suite à sa demande. De plus, une grève est instaurée depuis la rentrée, à cause du statut ultra précaire des instituteurs vacataires. Les enfants n'ont donc pas eu école, le directeur instituteur des plus grands étant parti, et les deux autres institutrices vacataires étant en grève.

               Un nouvel instituteur (titulaire) est arrivé début décembre. Il a repris la classe avec les plus grands, mais les petits n'avaient toujours pas classe.  C'est un jeune homme originaire de Bamako très sympathique, et très investi dans sa mission d'instruction. Il vient souvent au terrain pour regarder ce que nous faisons avec les enfants, et nous assister si besoin, surtout pour traduire certaines instructions en Bambara lors des animations. Précisons que nous n'avons jamais et nous n'aurons jamais des statuts et rôles d'instituteurs au village, nous tentons de compléter l'instruction des enfants en travaillant leur français, en jouant avec eux, et grace à la future bibliothèque.

               Début janvier, un nouveau directeur a enfin été nommé! Le 9 janvier nous avons donc participé à une réunion avec ce nouveau directeur nommé Bala Sissoko ancien instituteur de Bamafélé, et le Comité de Gestion Scolaire (CGS). Nous avons proposé de mettre en place une heure d'atelier lecture par classe et par semaine, à l'école. Et nous avons présenté les séries de manuels scolaires que nous avions descendu, afin qu'ils les étudient et qu'ils voient s'ils peuvent leur être utiles. Cet échange s'est très bien passé, et nous espérons que tout va se mettre vite en place.

 

 

 

 

Les nouveaux arrivants.

 

 


 

 

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         Repas de Noël !!!Ca parait simple comme ça, mais c'est des choses qu'on ne mange jamais, de la bonne viande, des légumes, etc... trop rare et trop cher.

 

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   Flo et Anna

 

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                                Léa et Antoine

 

 

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                                           Clémence et Benoit

 

 

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                                                                                                      Julien!

 

 

               Clémence et Benoit, deux amis, sont arrivés le 24 décembre à Bingassi, tout juste à temps pour déguster un bon repas de Noël et de bienvenue!

               Nous avons organisé avec eux une fête pour le 31 décembre, avec les enfants. Super soirée avec un gros feu sur le terrain de foot, on a lancé la musique vers 22h, dansé et fait les fous avec les jeunes et les enfants du village jusque tard dans la nuit!

               Clémence et Benoit restent au terrain jusqu'à la fin du mois de mai, fin de l'année scolaire avec nous et les enfants. Leur installation s'est très bien passée, et les premières activités avec les enfants aussi! Clémence a déjà fait beaucoup d'animation en France, Benoit non mais il est très enthousiaste et à l'aise avec les enfants. Il nous avait déjà filé un coup de main au Maroc il y a un an.

 

 

                Céline une amie de Julien, est venue nous rendre visite pendant quelques jours. Nous avions dit il y a quelques temps déjà que nous ne voulions pas que des personnes, même des amis, passent seulement quelques jours au terrain. D'une part nous ne sommes pas en vacances là bas, on a des engagements, l'association doit tourner, c'est le plus important. Et d'autre part c'est déstabilisant pour les villageois. Eux ne se déplacent pas beaucoup, ils sont au village, vont aux villages alentour. Mais beaucoup d'entre eux n'ont même jamais été à Bamako. Alors la France! Ce n'est pas une zone touristique, ils n'ont donc pas l'habitude de voir des gens de passage, en vacances! On ne veut pas, par respect pour eux, être responsables d'allés et venus, de gens qui viennent et se baladent, puis repartent à leur guise en France. Nous avions instauré le fait que si des gens viennent au terrain, c'est pour travailler avec l'asso, et pas venir squatter sur le terrain simplement, et c'est pour une période d'au moins un voir deux ou trois mois. Pour en revenir à Céline, Julien n'étant pas revenu en France depuis notre départ, et sa famille n'ayant pas pu venir lui rendre visite, nous avons fait une exception, et accueilli Céline avec plaisir chez nous. Elle a été présenté aux villageois, et on leur a bien expliqué la situation.

 

 

 

La bibliothèque de Bamafélé.


                Les projets à Bamafélé avancent, doucement..au rythme africain! Comme vous le savez, suite au vol et à notre retour difficile à Bingassi le 3 octobre 2011, le village voisin nous a proposé un local, face à l'école. Nous avons décidé de rester vivre à Bingassi malgré le choc que nous venions de subir, parce que nous aimons ce village et les gens qui l'habitent, parce que ce terrain est magnifique, proche du fleuve, et surtout parce que nous n'avons pas voulu sanctionner les enfants du village, et nous voulions continuer les activités avec eux.

                Mais c'était devenu hors de question de faire une bibliothèque avec tous les livres que nous avions pris la peine de descendre jusqu'ici, sur ce terrain où on était venu nous voler, sur ce terrain qui est trop loin du village, et donc pas à la vue et sous la surveillance des villageois. La case qui a été rénovée sur le terrain de Bingassi servira donc de salle de jeux et d'étude comme nous l'avons déjà précisé plus haut, et pourra servir à l'avenir pour les jeunes du village, collégiens ou lycéens, qui auront besoin d'un lieu calme pour travailler, avec quelques livres de base et dictionnaires à disposition.

                Mais la vraie bibliothèque avec la grande majorité des livres sera au local que la mairie de Bamafélé nous a proposé. C'est également un emplacement plus stratégique, puisque la mairie de la commune rurale dont Bingassi fait parti, se trouve à Bamafélé, ainsi que le collège, et bon nombre d'enfants des villages alentour.

 

                Nous avons couru après le maire pendant deux mois pour qu'il signe un contrat mettant par écrit toutes les conditions et engagements des uns et des autres... Nous n'avons donc pas pu commencer notre installation avant sa signature. Dès qu'il a enfin signé le contrat, que nous nous sommes bien mis d'accord sur tout, et qu'il nous a certifié qu'il était content de ce projet et qu'il nous soutenait, nous avons pu nous lancer!

 

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                Nous avons posé une porte et trois fenêtres, bien costauds. Bien sur ce n'était encore pas les bonnes dimensions, il manque dix centimètres de haut, mais on s'est débrouillé! Une cloture a été installée sur tout le devant du bâtiment, dans l'idée de pouvoir garer un de nos camion si certains d'entre nous doivent rester dormir sur place un jour, et pour pouvoir organiser des lectures en extérieur.

 

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                Nous avons également rencontré le directeur de l'école de Bamafélé. Il est d'accord et très enthousiaste à l'idée que l'on organise des lectures, des ateliers autour du livre et de sensibilisation au livre, les lundis, mardis et vendredis, jours où notre présence n'est pas nécessaire à Bingassi.

 

 

 

 

 

Vie quotidienne.

 

 

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          Champ de coton non loin du village.

 

 

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                             Les femmes qui se lavent, font la lessive et la vaisselle au bord du terrain, dans le bafing

 


                Notre petite vie sur le terrain se passe à merveille! Nous avons maintenant trois potagers, les légumes poussent, et nous avons hâte qu'ils arrivent! Ca changera un peu du riz et des pâtes! Les légumes sont une denrée plutôt rare dans le coin, c'est beaucoup de travail pour quelque chose de peu nourrissant, de l'eau comme diraient les anciens! Et le climat n'est souvent pas très accueillant pour les petites pousses, le banco étouffe leurs racines, le soleil grillent les feuilles.. le tout c'est de trouver le bon endroit, travailler la terre et retravailler la terre, la mélanger avec du sable, des cendres, arroser abondamment. C'est sur que c'est du boulot, mais on sera heureux quand on aura un peu de verdure dans nos assiettes!

 

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                      On a également un poulailler avec  une dizaine de poules et un coq. On a donc nos propres œufs, et bientôt des petits poussins! Les villageois sont étonnés de voir nos poules enfermées dans un enclos, et nourries chaque jour. Les leurs cavalent toutes la journée dans le village et picorent ce qu'elles peuvent! Encore quelque chose de délicat à gérer. Eux n'ont jamais de restes, et mangent tout ce qu'ils produisent, ils ne peuvent pas se permettre d'engraisser leurs poules. Nous faisons donc ça simplement, avec des arachides et un peu de maïs. Quitte à s'être sédentarisés le temps de monter notre projet à Bingassi, autant en profiter!

 

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                       Antoine a pêché un tiguin, poisson qui donne des coups de jus, alors on sort le voltmètre....!!

 

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              Deux jours après l'arrivée de Clémence et Benoit sur le terrain, on a traqué, tué et mangé un gros varan..hum......!!

 

 

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                La saison actuelle est considérée comme la saison froide. Les villageois font des feux dans les cases, alors qu'elles n'ont qu'une seule ouverture pour laisser partir la fumée, la porte... ils se couvrent autant que possible, ils ont vraiment froid! Durant la journée, il peut faire entre 30 et 35 degrés, mais le soir c'est déjà descendu à 12 degrés! Et non seulement c'est le seul moment de l'année où les températures descendent aussi bas, mais aussi où l'écart entre les températures du jour et de la nuit est si important. Beaucoup de gens attrapent froid (nous aussi!). On s'est rendu compte à cette occasion qu'on était devenus un peu frileux, on se retrouve avec les gros pulls en laine à 12 degrés...! Clémence et Benoit ont descendu des pulls et des couvertures. Cela n'a pas été difficile pour les tailles adultes, nous en avons offert aux anciens, ou aux adultes et jeunes du village avec qui nous avons tissé des liens particuliers, qui nous aident depuis notre arrivée. Mais pour les pulls enfants c'est plus délicat...nous ne savons pas comment en offrir à un sans en avoir pour tout le monde! Nous verrons cela dès que nous aurons trouvé une solution.

 

 

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                Ca y est, nous avons tous eu le palud! Les uns après les autres, petit à petit, tout naturellement... Antoine et Léa comme vous le savez cet été. Puis Florent a eu trois grosse crises en deux mois, il a eu du mal à s'en débarrasser. Moi et Julien n'avons eu que des petits paluds, montées de fièvres à 41 degrés quand même, mais c'est tout, pas grand chose au final quand on sait comme ça peut vite dégénérer. Clémence y a eu le droit aussi, dès son arrivée, elle n'a pas eu le temps de s'acclimater qu'elle était déjà au lit toute patraque. Seul Benoit y a réchappé pour l'instant. On a aussi tous plus ou moins eu la fièvre typhoïde, sympa...! Mais maintenant tout le monde va bien!

 

 

 

 

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   Un jour on a tué un serpent un peu plus costaud que les autres, plein d'oiseaux sont venus l'entourer une fois mort, à celui qui le premier osera piquer dedans. Ils étaient magnifiques!

 

 

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                Les hippos recommencent à passer devant chez nous. On ne les a pas encore vu, mais on les entend des fois le soir, un gros souffle soudain, juste au bord du fleuve, comme pour nous saluer  et nous faire sursauter..! Un jour on a entendu les femmes qui se lavaient au fleuve nous appeler : "malo! malo! L'hippopotame est dans la rivière!". On est arrivé au plus vite, mais il avait déjà replongé. Ca a été une bonne occasion de rigoler avec les femmes et les enfants, on avait pris les jumelles, et on les laissait regarder dedans, tout étonnés de ce qu'ils pouvaient y voir, c'était extra!

 

 

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               Ma mère et une de ses amie sont passées nous voir au mois de novembre, occasion de retourner au pays dogon...!

 

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                Julien va partir dans les jours ou les semaines qui arrivent, son budget est plus que ratatiné, il ne peut plus rester avec nous malheureusement. Il rentre donc en France pour travailler, faire de l'argent, et préparer la prochaine descente. Léa le rejoindra fin avril -début mai. Les autres quitteront le village dès la fin de l'année scolaire, fin mai-début juin.

                 Un ami du village sera chargé de surveiller le terrain en notre absence, en sachant que rien de valeur n'y restera, on a retenu la leçon! On essaye de trouver une solution pour qu'une nouvelle équipe soit disponible dès la rentrée prochaine au mois d'octobre, mais cela semble très compliqué pour l'instant. On sait que notre présence n'est pas importante durant l'hivernage, mis à part si l'on décide de cultiver pour se nourrir durant l'année suivante. Mais à partir de la rentrée, la bibliothèque et les temps d'animation auraient du reprendre. On a expliqué nos difficultés financières aux villageois, et le fait qu'on risquait de ne revenir qu'au cours de l'année scolaire. En espérant que cette fois un roulement pourra s'organiser entre les différents membres actifs de l'association, afin qu'il y ait tout le temps du monde pour gérer les activités de l'association. Notre retour en France est indispensable pour organiser tout cela!

 

A la maman de Clémence, et aux amis et aux familles de Clémence et Benoit en général, désolé il y a encore peu de photos d'eux, mais ils sont arrivés il y a un mois, et je suis partie il y a deux semaines du village. Je me rattraperai la prochaine fois!

 

Cet article touche à sa fin, en espérant que vous serez de nouveau nombreux à le lire! N'hésitez pas à laisser un petit mot, une petite trace de votre passage! Et pensez à nous soutenir, nous avons besoin de vous pour que nos projets se développent! Alors rendez – vous  sur le site de l'association pour télécharger le bulletin d'adhésion!

 

  www.anim-ta-route.jimdo.com


Par animtaroute.over-blog.com - Publié dans : Mama Africa
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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 12:03

 

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            Nous sommes de retour au village depuis le 3 octobre, plus d'un mois maintenant, ça fait du bien de retrouver la vie de la brousse, les villageois et le fleuve !

 

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            Retours en France.

 

            Mais commençons par le commencement ! Florent et nos deux autres amis sont bien arrivés, à la fin du mois d'août , fatigués de la route (7000 kms!) mais en pleine forme,et avec plein de nouveau matériel, livres, jeux et planches en bois pour faire les étagères de la bibliothèque!

 

            Antoine de son côté s'est rétabli peu à peu en France, une semaine de CHU et deux semaines de convalescence chez les parents à reprendre ses kilos perdus ! Il n'a pas perdu son temps, puisqu'il a profité de sa présence en France pour parler de l'association. Il a rencontré les élus de la ville de Maromme où se trouve le siège social de l'association. Il leur a parlé d'Anim ta Route, de nos actions, de nos projets. Un article a été écrit suite à cet entretien, et publié dans le journal municipal du mois d'octobre. Il est prévu également que l'association pose un stand gratuitement au marché hebdomadaire de la ville dès notre retour. Et enfin il est convenu que nous organiserons des interventions dans les écoles maternelles et primaires de la ville dès que possible.

            En parallèle à tout ça Antoine a lancé des démarches pour obtenir des subventions auprès du ministère de la jeunesse et des sports. Subventions qui nous on été refusées... il y a dix jours, on a dû présenter notre projet au jury par téléphone, ce qui n'est pas l'idéal pour être convaincant,  et visiblement il a considéré que nos projets n'évoluaient pas assez vite, et que nous avons changé d'objectifs puisque que nous nous sommes sédentarisés. On s'est pourtant rendu compte à plusieurs reprises que nous étions allés trop vite sur certains points dans notre vie et nos projets au village, le rythme de vie n'est pas le même qu'en France, la vie quotidienne et les coutumes sont tellement différentes que la route est souvent barrée par des malentendus, des incompréhensions, des jalousies, de l'ignorance mutuelle,etc. Ce serait bien trop bancale d'accélérer nos interventions et nos projets ici,  surtout à seulement cinq personnes, et justement avec si peu de moyens financiers. Et oui, nous nous sommes sédentarisés ici, car notre budget ne nous permettait pas de rester nomades (essence et visas, aïe,aïe aïe...!). De plus c'est un parfait point de chute en Afrique de l'ouest, et nous avons toujours en tête de reprendre la route dès que nous serons plus nombreux et mieux financés, une partie de l'équipe pouvant rester au village de Bingassi, et une autre pouvant partir à la rencontre des associations avec qui nous sommes toujours en contacts dans des pays proches tels que le Sénégal, le Burkina Faso et le Togo.

 

            Nous n'avons donc pas eu de nouvelle subvention. On sait bien de toute façon que les subventions pour des projets sociaux éducatifs et culturels se font de plus en plus rares, cette subvention n'a finalement été attribuée qu'à un seul des autres projets présentés. Mais on ne perd pas espoir, et ça ne nous empêche pas de mener à bien nos projets ici, ça nous limite seulement dans leur développement. Bref, Antoine est  revenu parmis nous mi septembre, ravis de retrouver l'Afrique et plus motivé que jamais à reprendre nos projets associatifs ! Nous nous sommes tous réunis à la fin du mois de septembre, l'équipe au complet, en route vers le village, où nous sommes arrivés le 3 octobre en milieu de journée.

 

 

            Mauvaise surprise au village.

 

            Ça faisait trois mois et demi que Florent était parti, deux mois et demi pour Léa , Antoine et moi, et un mois seulement pour Julien. Il pensait ne partir que quelques jours, mais son séjour à Bamako a du être prolongé. Dans tout ça nous avons donc laissé au terrain le camion de Julien, et celui de Flo, sans se soucier des conséquences que cela pourrait avoir. On ne pensait pas laisser nos affaires seules bien longtemps puisque Julien devait faire un aller-retour à Bamako.

 

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           Le village pendant l'hivernage.... envahi par les hautes herbes!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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            Anna sur le terrain, la bibliothèque, le terrain est méconnaissable après deux mois d'hivernage, c'est la jungle!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           Bref, côté mauvaises surprises, nous sommes arrivés au terrain, et là ça a été de coups durs en coups durs. Déjà les herbes avaient poussé à deux mètres de haut pendant l'hivernage, ce que nous n'avions pas du tout envisagé, on n'y voyait donc pas à trois mètres sur le terrain. On n'a pas tout de suite vu ce qu'il s'était passé, mais on s'est bel et bien fait dépouiller ! On a d'abord réalisé que la moto de Flo n'était plus à sa place. On a gardé l'espoir qu'un des villageois l'ai mise de côté, en sécurité. Mais là, bam, plus de panneau solaire, ni sur le camion de Julien, ni sur celui de Flo. Et là on a compris...

            Quelqu'un est venu sur le terrain, a arraché la fenêtre de toit de Julien pour rentrer dans son camion, lui a volé son panneau solaire, ses trois batteries (même celle de démarrage!), le beurre de karité qu'il avait fait pendant l'été, ses lunettes de vue, son auto radio, etc, etc, la liste est trop longue. Et il y avait les doubles des clés du camion de Flo dans le camion de Julien, trop facile ! Le voleur a donc ouvert notre camion avec les clés, tranquillement, il a pris les clés de l'antivol et de démarrage de la moto, et a donc pu prendre la moto (pourtant cachée derrière de gros épineux dans une petite case),  une radio, le panneau solaire bien sûr, le groupe électrogène de l'association qui servait pour le cinéma, etc, etc, et environ 100 euros que Jean,  l'ami président de l'autre association qui œuvre au village m'avait envoyé pour rénover l'école. Super ! Les deux camions avaient été soigneusement refermés, pour que personne ne se rende compte du vol avant notre retour, gagné !

 

            WOW !!! On est devenu fous !!! Une énorme claque dans la figure, comme rarement on avait pu avoir auparavant dans nos vie. Désarrois, rage, colère, tristesse, désemparement se sont enchaînés. Et une sorte de paranoïa au milieu de tout ça. QUI ?? Qui a pu nous faire ça, ici, en pleine brousse, sur notre terrain ??

            On a alerté immédiatement le chef et les anciens du village, le maire, le sous-préfet, et la police qui soit dit-en passant a tellement peu de moyen que ça ne les aide pas à être motivés. On a appris à cette occasion que quand la police se déplace pour une affaire dans ce pays, il faut leur payer l'essence.. on a eu de la chance, ils nous ont épargné! Bakari Sissoko, notre fidèle ami ici, nous a dit que la moto n'était plus garée à l'endroit habituel déjà quatre jours après le départ de Julien, mais il s'est dit que Julien l'avait mise dans les cases de Jean, et il a oublié ça...

            Bref, tout le monde s'est accordé à dire que ça ne pouvait être que quelqu'un qui nous connaît bien qui a fait le coup ou au moins qui a alerté le voleur de notre départ. Et c'est peut être ça le plus dur dans l'affaire, parce qu'aujourd'hui encore on ignore d'où vient la trahison. On a laissé nos familles, nos amis, traversé des centaines de villages, pour finalement venir à Bingassi, y passer tout notre temps, notre énergie et nos économies, tout ça pour ça... !

            Gros coup dur. Première réaction, on s'en va, dès qu'on peut, on s'en va d'ici !!! Puis quelques jours ont passé, on a réfléchi, et on s'est rendu compte qu'on avait une grande part de responsabilité dans ce chaos. Le terrain est à deux cent mètres du village, au milieu des grandes herbes, n'importe qui peut y faire n'importe quoi sans qu'aucun villageois ne le voit ou ne l'entende. On aurait dû payer un gardien pour qu'il surveille le terrain. Mais nous n'aurions jamais pensé qu'on puisse nous voler ici, on y est si heureux, tellement en confiance, complètement naïfs au final. Et en plus on nous avait déjà dit plusieurs fois que les villageois ont peur du fleuve la nuit, à cause des animaux qui le peuplent et des génies qui le protègent selon eux, on savait donc bien que trouver un gardien aurait été très difficile. Mais on aurait dû chercher, insister, et trouver quelqu'un. Même si Julien n'était parti que cinq jours le vol aurait eu lieu puisque la moto a disparu quelques jours après son départ. Tout était calculé, prémédité, un vol sacrément bien orchestré !Sacré leçon en tous cas !  

 

            Bref, n'ayant pas suffisamment de moyens financiers pour reprendre la route vers une autre contrée, et n'ayant aucune envie d'opter dès maintenant pour un retour vers la France, on avait envisagé de s'installer au village voisin, Bamafélé. Nécessité de rebondir, et vite, pour faire ce qu'on aime faire ici, travailler avec les enfants, et pour sauver l'association et maintenir ses projets. On a organisé une réunion au village, dans l'idée d'annoncer notre départ. Tout le monde était convié, mais comme d'habitude seuls les anciens et les chefs de famille étaient là, tradition oblige. On a exposé le problème, et la solution que nous avions trouvé, et à notre grande surprise ils se sont tous formellement opposés à notre départ. A notre grande surprise parce que finalement beaucoup d'entres eux sont des inconnus encore pour nous, des gens qui paraissaient n'avoir aucune idée sur notre installation dans leur village, ne semblant porter aucun intérêt à notre présence ici et à notre travail. Ils nous ont tous dit que bien sûr ils ne pouvaient pas nous empêcher de partir étant donné ce qu'il s'était passé, mais qu'ils seraient très mécontents qu'on prenne cette décision là, pour le village, pour leurs enfants. Tous se sont accordés à dire qu'il n'y avait jamais eu de problème avec nous, que dès que nous entreprenions quelque chose nous le faisions bien, que les enfants avaient beaucoup progressé à l'école depuis notre arrivée, qu'un instituteur avait grimpé d'un échelon grâce à tout ça, bref nous devions rester là. Ils se sont engagés à tout mettre en œuvre pour que nous restions. Ils avaient déjà organisé une grande prière dans un des village sacré du Mali, Jakaba, situé dans la même région, et fait des offrandes et des sacrifices, pour menacer le voleur de maladie ou de mort s'il ne rendait pas nos affaires. Ce sont des croyances et des forces très puissantes pour eux, des usages très respectés et craints.

            Face à cette forte réaction, nous avons décidé de leur faire confiance, et de rester au village à quatre conditions : les villageois doivent nous aider à remettre le terrain en état, et à y couper toutes les grandes herbes ; ils doivent également nous aider à clôturer tout le terrain, puisque eux-même vivent dans des concessions fermées, nous devons sûrement faire de même pour éviter les allées et venues sur le terrain de personnes qui n'ont rien à y faire, ou qui viennent seulement nous prendre les mangues et les citrons qui  y poussent, voir même le bois qu'on a coupé! ; ensuite nous devons faire ensemble le toit de la case pour la bibliothèque, en paille, avec l'herbe coupée sur le terrain, abandonnant l'idée d'un toit en taule et d'une construction coûteuse, et optant pour l'idée d'une bibliothèque provisoire sur le terrain, pour en construire une plus solide à l'avenir aux abords de l'école, au village même ; et enfin, une fois le déblayage, et les clôtures faites, un gardien doit être désigné pour surveiller notre terrain tous les jours quand nous serons à l'école, à la bibliothèque, ou en animation avec les enfants.

            Nous nous sommes mis d'accord ensemble pour poser ces conditions. Le chef du village a ensuite prit les choses en main, et posé des rendez-vous réguliers sur notre terrain pour désherber. Au départ les villageois ne venaient pas très nombreux, et pas systématiquement, mais nous avons ensuite réussi à réunir les deux "clans" du village, celui du chef Lamine, et celui de l'ancien Bengali, et les hommes sont venus travailler une matinée entière pour dégager entiérement le terrain. Les enfants sont aussi venus plusieur fois nous prêter main forte.Depuis plus rien ou presque, on commence à tourner en rond.  Mais bon, ça avance, doucement, doni doni comme ils disent ici, et on espère qu'ils s'attaquent bientot à la toiture de la bibliothèque.

 

 

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            On garde la bonne paille pour le futur toit de la bibliothèque et on brûle le reste...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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            Les enfants qui nous aident sur le terrain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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                                                                   Antoine qui s'attaque aux barrières du terrain.

 

 

           En attendant, on s'était installé derrière l'école, à l'ombre d'un gros arbre, et on avait décidé qu'on ne retournerai pas au terrain avant qu'il ne soit dégagé. C'est maintenant chose faite, donc on s'y est réinstallé depuis peu. Mais il faut encore faire la toiture, les clotures, trouver un gardien, et plus rien n'avance, on commence à perdre patience, la rentrée des classes a eu lieu il y a plus d'un mois maintenant, et nous n'avons toujours pas repris nos activités avec les enfants. On ne sait même pas si on pourra refaire le cinéma, le groupe ayant été volé. On en a un autre mais qui est moins puissant, et ce n'est pas sûr qu'il assume tout le matériel nécessaire au cinéma.

 

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            Quand on ne travaille pas sur le terrain, on vaque à nos occupations, Léa dessine, je travaille le cuir, Julien travaille le bois, on va chercher l'eau, etc.

 

 

 

 

 

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                                                              Les enfants passent toujours nous voir régulièrement...

 

 

 

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                          Nos chiens sont en pleine forme!!

 

 

 

 

 

 

            Projets bibliothèque.

 

            En parallèle à tout ça on a quand même décidé de monter un autre projet bibliothèque au village voisin, à 4 kilomètres, Bamafélé. Quand on a parlé de peut être s'y installer, on a rencontré le chef du village et les anciens, qui nous ont tout de suite proposé un bâtiment en dur, un grand hangar en face de l'école, pour y faire la bibliothèque. C'est un bâtiment qui a été construit à l'initiative et par les villageois. Ils ont fait appel à des partenaires locaux pour monter ce projet de développement du village, et pour faire cette bâtisse qui comporte trois grande pièces : une pour le jardin d'enfants, une autre pour une classe de remise à niveau pour des enfants qui reprennent l'école en cour de route, et une dernière qui n'avait pas encore d'avenir définie et qui nous a donc été confié pour la bibliothèque. Les travaux ont été interrompus faute de moyens financiers, mais il ne nous reste plus qu'à combler quelques trous dans les murs, et poser une porte et trois fenêtres. Il nous ont également laissé un bout de terrain tout autour de cette partie du bâtiment, pour nous y installer quand nous interviendrons là bas. Cette parcelle a été dégagé par le Comité de Gestion Scolaire, deux jours après notre passage ! Nous avions également commandé des bambous et des pieux pour faire une clôture, tout ça nous a été livré en quelques jours. Ils n'attendent plus que nous maintenant pour nous aider à faire les clôtures et aménager l'endroit. Ils sont très motivés, et ça remonte le moral !

 


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                                 Le bâtiement dans lequel  sera installée la biliothèque de l'association à Bamafélé.

 


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                         Julien délimite le terrain autour de la bibliothèque, avec un adjoint du maire de la commune.

 

           Si tout va bien (ce qui n'est jamais sur!) nous aurons donc d'ici un à deux mois une bibliothèque à Bingassi et une autre à Bamafélé. Nous partagerons notre temps entre des horaires d'ouverture de la bibliothèque de Bingassi, d'autre pour celle de Bamafélé, sans oublier les temps d'animation avec les enfants de Bingassi, comme l'an dernier. Ce dernier point devrait se remettre en place d'ici peu de temps, dès que le terrain sera de nouveau habilité à recevoir des enfants sans danger (broussailles et bestioles en tout genre).

 


 

            Bilan final.

 

            Nous espérons avoir fait le bon choix, et que ces deux projets se réalisent et perdurent. Nous vous ferons part de nos actions sur place un peu plus précisément dans le prochain article, dès que tout sera mis en place. En attendant nous essayons de rester patients et optimistes. Une autre réunion est prévue pour demain soir avec les anciens du village, pour remettre les choses au clair, d'un côté remercier ceux qui sont venus nous aider spontanément, et essayer de comprendre pourquoi la plupart d'entre eux ont mis si longtemps à répondre à nos appels, malgré tout leur blabla des réunions précédentes. Inch allah comme on dit ici, on aura des réponses et peut-être une nouvelle mobilisation des villageois prochainement, le tout c'est d'être patients et de tout faire pour se comprendre les uns les autres ! En attendant le crieur fait son boulot,on l'entend en ce moment même prévenir pour la réunion des toubabous demain soir, sini oulala !

 

            Au passage, merci beaucoup à tous ceux qui ont renouvelé leurs adhésions, ce soutien nous sera utile! Merci d'avance aussi pour les commentaires.... !

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Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 19:03

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Bonjour à tous!

 

      Deux mois sans nouvelles, vous commencez à avoir l'habitude... ! Suite au dernier article, nous sommes restés encore un mois au village.

     

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                                                              Le petit campement du 508...

 

 

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     Le coin des femmes, juset à côté du village. Toutes les femmes vont s'y laver, y faire la lessive, la vaisselle, et laver la nourriture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Avec l'hivernage, la saison des pluies, tout le monde est très occupé en brousse. C'est le temps des cultures. .Au pays malinké, les hommes remplissent de petites tâches, ou certains exercent leur métier tels que les forgerons, mécaniciens, cordonniers, quand besoin est, mais ce sont les femmes qui s'occupent de tout, chercher l'eau, faire la vaisselle, la lessive, nettoyer, garder et éduquer les enfants, et ce bien souvent avec un bébé dans le dos. Mais là, avec les pluies et la verdure qui arrivent, tout le monde met la main à la pâte ! Hommes, femmes, et enfants partent tous de bonne heure aux champs, semer puis cultiver l'arachide, le fonio, le mil, le riz. Beaucoup ne rentrent que tard le soir.

 

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                                                                        Koulakou.. déja charmeuse à son âge!!

 

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                                                                   Bata, Baniara toute grassouillette et Djimmi.

 

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      Avec les pluies, toutes les rivières d'habitude à sec sont gorgées d'eau, pour la plus grande joie des enfants!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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                                                           Bengali, chef traditionnel du village, notre papa africain!

 

 

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P1070498       Voila les deux ptits potagers qu'on a fait sur le terrain, en haut celui d'Antoine, et à gauche, le mien, que les enfants m'aident à mettre en place!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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                                                           Julien et Antoine à la pêche!

 

DSCN6303       On ne voyait donc plus grand monde en journée, mis à part les anciens et les enfants en bas âge. On a donc vaqué à nos petites occupations, la pêche, deux petits potagers, continuer à déblayer, aider Moussa sur le chantier, etc. Le temps est malgré tout passé très vite, les activités ne manquant pas ! Nous avons essayé de continuer le cinéma, mais à force d'annuler les séances en cours à cause des gros orages qui arrivaient en pleine soirée, on a fini par annoncer une pause dans les projections jusqu'à la fin de l'hivernage. Trop risqué pour le matériel si on se prend une averse en pleine projection, ça ne valait pas le coup de tout compromettre, on a préféré arrêter pour deux ou trois mois, pour mieux en profiter dès la fin des pluies !

 

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           Fabrication des briques, Moussa au boulot!

 

 

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                                                           Julien, qui a beaucoup aidé Moussa sur le chantier.

 

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       Une amie, Anna, mon homonyme (!) est venue nous rendre visite pendant deux semaines, puisqu'elle était de passage au Mali. Elle a pu ainsi découvrir notre vie au village, et le quotidien d'un village de brousse au pays malinké. Et comme on pouvait s'y attendre, ça ne laisse pas indifférent ! On a passé de supers moments tous ensembles, les villageois étant ravis d'accueillir un étranger de plus, un ami de la troupe, au grand sourire et aux cheveux blonds en plus, wou !

 

 

 

 

 

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                     Nan nan, c'est pas lui qui l'a tué! Il essaye souvent, mais trop coriace, un beau varan en tous cas!!

 

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                                Kémourao, moi, Badi et Sayo... la Dembele Family!

 

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Antoine et Demba, son papi africain.

 

 

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          Un nouveau né, juste avant notre départ du village, une petite fille nommée Sitan...

 

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                           Les enfants qui, le jour du départ, nous ont aidé à pousser le J9 qui galérait à démarrer..!

 

       Les parents d'Antoine et son frère, la mère de Léa, et mon père arrivant au tout début du mois d'août, on a profité d'une accalmie dans les pluies pour se lancer sur la piste, Antoine, Léa, moi et les trois chiens dans le J9, direction Kita, puis Bamako. On est parti le 19 juillet, vraiment tôt finalement, mais on avait peur de ne plus pouvoir sortir le camion si on traînait trop.

 

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                                                                             Bao, la vedette, le chien de Léa.

 

 

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      Julien est resté au village, dans sa jungle. On a des nouvelles régulières, tout va très bien, il va aux champs chaque jour avec les villageois, il fait sa petite vie tranquillement. Il compte peut être nous rejoindre à Bamako d'ici peu, il commence à se sentir un peu seul après un mois sans nous sur le terrain... ! Normal !

 

 

 

 

 

 

      Flo est en ce moment même en Mauritanie, avec Benoît qui était déjà avec nous au Maroc, et Alex, un autre copain. Ils sont en route pour nous rejoindre. Ils redescendent plein de matériel encore pour l'association, des livres qu'on avait pas pu prendre lors de notre descente, des jeux, cahiers, crayons que des amis ou familles avaient récupéré entre temps, apparemment autant de matériel que ce qu'on avait déjà amené tous ensemble !!

 

 

       Après avoir quitté le village, on s'est donc arrêté deux ou trois jours à Kita à l'auberge le Relais, auberge gérée par un ami français, Patrick, marié à Noura, une Ivoirienne.

 

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      Sali, big boss de Matongué, avec Léo son ptit bout de chou!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         Puis on a pris la route de Bamako, on est allé se poser à Matongué, comme d'habitude. L'auberge a officiellement fermé peu après notre arrivée. C'était un super lieu de vie qu'on va tous beaucoup regretter. Raph et Sali, un belge et une malienne propriétaires de l'auberge ont du fermer pour différentes raisons. Tout d'abord, l'auberge est juste en face d'une grande mosquée, et Badalabougou est un quartier très pratiquant de Bamako où le petit bar au sein de Matongué était plutôt mal vu. Mauvaise pioche, c'était pas l'endroit idéal pour monter une affaire comme ça... !

         Deuxième raison, la solidarité et l'humanité qui animait ce lieu, et qui amenaient Raph et Sali a employer un nombre bien trop important de personnes en comparaison à l'argent qui rentrait.

         Et dernière et principale raison, on ne va pas s'attarder sur le sujet pour éviter de rentrer dans un débat politique, que nous n'avons pas lieu de mener en raison de notre statut associatif, mais le ministère des affaires étrangères français et notre président avec leurs grandes histoires de complot terroriste ont cru bon de mettre le Mali en zone rouge pour le nord du pays, à partir de Gao, mais aussi tout le reste du pays en orange, alors qu'il ne s'est jamais rien passé au Mali même ! Et quand on voit les conséquences sur place c'est révoltant ! Le Mali est un pays enclavé, sans port, ce qui manque cruellement à l'économie nationale, beaucoup de maliens vivent donc directement ou indirectement du tourisme. Et il n'y a plus de touristes !!! La crise en Europe et particulièrement en Espagne d'où venaient beaucoup de touristes, n'a rien arrangé certes, mais ceux qui auraient de l'argent à dépenser en découvrant le monde sont bien vite dissuadés de se rendre en Afrique de l'ouest, et surtout au Mali visiblement. Pourquoi ? Bonne question !! Le Mali est un pays paisible et pacifiste, qui dépéri peu à peu suite à cette monumentale « erreur ». Alors, à bon entendeur salut, venez au Mali, sinon bientôt ils n'auront plus rien pour vivre, et c'est un pays merveilleux !!!


         Bon, fermons cette parenthèse, qui n'avait peut être pas sa place dans cet article, mais je ne pouvais pas passez outre ce qui nous saute aux yeux chaque jour. Je suis allé au pays dogon avec mon père, on a croisé 10 toubabs, 10 blancs en 5 jours ! C'est une catastrophe ! Les Dogons sont pourtant un exemple d'ouverture d'esprit et de bien être, on a eu l'occasion de se rendre dans un village, Begnimatou, où il y a trois quartiers : les musulmans avec leur mosquée, les chrétiens avec leur église, et les animistes avec leur temple. Mais ils se marient les uns avec les autres, à Noël tout le village vient devant l'église pour fêter tous ensemble, ils vivent en harmonie totale ! Bref, j'avais dit que je fermais cette parenthèse.. !

 

        Arrivés à Bamako, Léa se sentait mal. Elle et Antoine avaient déjà enchaîné pas mal d'infections au village, staphylocoques bien tenaces. On a cru à un coup de fatigue mêlé à de bonnes carences alimentaires étant donné l'alimentation très peu variée que nous avons au village. On est quand même allé à une clinique dans le quartier pour voir si ce n'était pas le palu. Suite à des analyses sanguines, ils nous ont affirmé que ce n'était pas ça, et ils lui ont filé des vitamines.... deux jours plus tard, alors qu'elle passait ses journées et ses nuits à dormir, elle était toujours aussi faible. On l'a donc emmené à la clinique Pasteur, la meilleure clinique de Bamako, et donc du Mali, où vont tous les expatriés entre autres. Et c'était bel et bien le palu ! Une fois fixée, ça a était, Léa a pris un traitement, a continué à se reposer, c'était un palu relativement petit, elle a donc bien récupéré au bout de trois jours de traitement.

 

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                                                 Antoine les parents d'Antoine et son frère, et la maman de Léa.

 

      Les parents sont arrivés juste après. On a visité Bamako avec eux, puis Antoine et Léa sont partis avec leurs familles en direction de Ségou. Et là, bam ! Au tour d'Antoine de se sentir mal, cette fois ils n'ont pas attendu bien longtemps, c'était le palu aussi, montée de fièvre jusqu'à 40, 5 – 41 ° pendant deux jours, refus du traitement, obligé de le mettre sous perf, une semaine alité à Ségou, sympa les vacances avec les parents... bref ensuite ça allait mieux, ils sont partis à Sibi, à une quarantaine de kilomètres de Bamako, faire des randonnées, se balader. Antoine n'avait visiblement pas la grande forme, mais il suivait le mouvement, ça allait.     

      De retour à Bamako, pensant n'y faire qu'une brève halte avant de repartir vers Kita puis le village, il s'est rendu compte que son urine était marron, foncé foncé. Forcément c'est inquiétant. Direction la clinique, c'est le foie qui est attaqué, analyses sanguines, échographie,etc. Il rentre quand même à l'auberge, plus patraque d'heure en heure, et le lendemain soir, grosse crise, il n'arrivait plus à respirer, panique à bord, heureusement les amis de l'auberge ont réagi super vite, embarqué dans le 4x4 de Sali direction la clinique à toute allure. Mis sous oxygène, sous perfusions, rassuré par le médecin son état s'est stabilisé.

      On a eu très peur qu'il ait affaire à une hépatite C, mais heureusement les analyses ont éliminé cette possibilité, son palu avait été mal soigné à Ségou et était reparti encore plus fort. Il était au stade trois sur quatre, le quatrième stade c'est le plus avancé, c'est le palu neurologique. Son palu, au lieu de se loger dans le cerveau a squatté son foie... Il a fait une grosse anémie à l'hôpital, chute très importante du taux de globules rouges, au point que c'était devenu très dangereux. Il lui ont fait deux transfusions sanguines, et il a été rapatrié il y a deux jours direction le CHU de Rouen. Son état s'est nettement amélioré, mais il a fait très peur à tout le monde, et les médecins autant que nous avons préféré qu'il finisse son hospitalisation en France pour un bon bilan médical, puis se requinquer quelques temps avant de revenir parmi nous...Maintenant ça va aller, il est tiré d'affaire, mais ces quelques temps en France vont lui faire du bien, d'autant plus qu'il est bien affaibli et que l'hivernage au Mali est le moment « idéal » pour chopper virus et saloperies en tous genres.. 

 

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       Voilà toutes ces histoires sont des anecdotes pour les gens qui ne nous connaissent pas étant donné que ce blog est dédié à la vie de l'association Anim Ta Route, mais il nous semblait important de relater toutes ces péripéties, autant pour donner des nouvelles des membres de cette association que pour prévenir les voyageurs qui se rendraient en Afrique. Le paludisme ce n'est pas une blague, ce n'est surtout pas à prendre à la légère, il faut se protéger, et réagir vite dès qu'on se sent même patraque, et surtout il ne faut pas hésiter à mettre le prix pour être bien soigné ! Il existe beaucoup d'hôpitaux et de cliniques au Mali et en Afrique, mais surtout il faut bien se renseigner avant de partir ou dès l'arrivée laquelle est la meilleure dans le pays où vous vous rendez. En cas de palu, le rapatriement n'est pas forcément la bonne solution, sauf en cas de complications comme dans le cas d'Antoine. Les médecins français mettent malheureusement souvent beaucoup de temps avant d'envisager un palu, alors que les malades arrivent de zones endémiques, ou pire encore, nos médecins n'ont bien souvent pas les connaissances nécessaires à traiter comme il se doit cette maladie qu'ils ne connaissent pour l'instant que trop peu. En tous cas, ne pas prendre ce mal à la légère, mais ne vous empêchez pas de venir en Afrique pour autant, il y a des traitements pour les touristes de passages, nous nous restions trop longtemps pour les prendre. Il y a des moustiquaires, des répulsifs, et il y a des médecins compétents ici, le tout c'est d'aller directement les voir eux, et de ne pas aller à l'hôpital ou la la clinique d'à côté parce que c'est moins cher. Les parents qui étaient venus avec un bon stock de médicaments et d'inquiétudes vis à vis des maladies en tous genres qui sévissent dans le coin, n'ont finalement eu aucun problème lors de leur séjour !

 

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       Entre temps, moi je suis allé à Mopti et au pays dogon avec mon père. Tout s'est bien passé pour nous, le pays dogon est une terre magnifique, peuplé de gens très accueillants, et d'une diversité étonnante. Nous avons eu le bonheur d'être guidé par un dogon extraordinaire dans tous les sens du terme. C'est la première fois de ma vie que je prenais un guide en voyage, l'idée ne me plaisait pas du tout, mais j'ai vite changé d'avis. Notre guide, Tiémoko, est un homme génial, drôle, et une source de savoir hallucinante, autant sur son peuple, sa terre, que sur la nature, les oiseaux, les arbres ! Si vous vous rendez là bas, n'hésitez pas à nous contacter, je vous donnerai ses coordonnées avec grand plaisir !

 

 

       Bon, et maintenant, le meilleur pour la fin, parce que c'est bien comme ça, même si je peine à ne pas le dire depuis le début de l'article.......

On a eu une super nouvelle il y a quelques jours. Depuis qu'on est installés au village, on a eu l'occasion de rencontrer pas mal de personnes travaillant dans l'entreprise qui gère le grand barrage de Manantali. Au bout d'un moment, quand certains on vu le travail qu'on fait au village et qu'on a commencé à se connaître un peu mieux, ils nous ont encouragé à faire un dossier de demande de financement à la direction de l'entreprise, pour le restauration de la bibliothèque. Tout le gros œuvre est déjà fait, le maçon a été payé. Mais ensuite on voulait faire un toit en paille, comme toutes les cases au village, les tôles coûtant beaucoup trop cher pour notre petit budget. Mais la paille posait évidemment problème pour une bibliothèque, autant pour l'humidité en saison des pluies, que pour les risques d'incendie, ou encore à cause des rongeurs qui y élisent souvent domicile. On n'aurait jamais pensé trouver des subventions sur place en arrivant au Mali. Et on n'avait pas envie de devoir mettre le nom de grosses entreprises sur notre site. Mais des gens bien placés dans cette entreprise du barrage nous on poussé à faire ce dossier, qui s'il aboutissait ne nous demanderait rien en contre partie, mis à part mener le projet à terme. Quand cette entreprise s'est installé dans le coin, en 1983 je crois, elle a chamboulé pas mal de choses dans la région avec la construction du barrage, des villages ont été déplacés, etc. De plus elle fourni de l'électricité jusqu'au Sénégal et à la Mauritanie, alors que des villages tout proches, comme Bingassi, n'en ont même pas. Elle s'est donc engagé à aider au développement de projets sociaux, éducatifs, et culturels dans la région. On a fait le dossier sans y croire, on a rencontré des artisans, maçons, menuisiers, fait des devis, et posé le dossier. Puis on est parti du village. Pas de nouvelles jusqu'à il y a six jours, Julien nous a appelé tout excité. Personne n'arrivait à nous joindre, les gens qu'on connaît de l'entreprise sont donc venus à notre terrain donner en main propre à Julien un chèque de … 370 000 FCFA, l'équivalent de 500 euros, nécessaires à finir notre bibliothèque au top du top !!! Finitions, toiture en tôle, super maçon, c'est génial ! Voilà donc la bonne nouvelle, on n'y comptait plus, c'est à peine si on y pensait encore tellement ça nous paraissait peu probable, et pourtant c'est arrivé ! Du coup, dès que les pluies se calment et qu'on peut rentrer au village, on continue la bibliothèque, en espérant qu'elle soit terminée courant octobre. Après il ne restera plus qu'à confectionner les étagères qui accueilleront les livres qu'on a descendu et ceux que Flo nous amène encore.

 

       Petit mot de la fin, mais pas moins important : nous tenons à remercier au nom de l'association Anim Ta Route et de chacun d'entre nous, l'association Livre Sans Frontière (LSF) que nous avions rencontré à Rouen, et qui nous a fait don d'albums pour enfants, de livres cartonnés et de magazines. Merci beaucoup, la solidarité entre associations doit persister pour que tous nos projets se concrétisent !

 

Les projets de l'association avancent, les objectifs sont atteints peu à peu ! Donc mis à part les problèmes de santé, tout va bien ici, le village nous manque, mais c'est chouette aussi de faire un petit break pour découvrir d'autres recoins du Mali. Dans un mois au maximum nous sommes de retour au village, pour au moins une bonne partie de l'année scolaire qui arrive.

 

Comme d'habitude, n'hésitez pas à laisser des commentaires sous l'article, nous n'en avons eu qu'un la dernière fois, à croire que plus personne ne lit nos nouvelles !! Bonne fin d'été à tous en France ou ailleurs, et bonne continuation. L'orage se déchaîne dehors.... !!!

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